Carte interactive de la pandémie de Covid-19 sur le site d'El Pais

© Crédits photo : El Paìs / Capture d'écran.

Covid-19 : comment cinq médias étrangers ont adapté leur production éditoriale

Partout, les médias s’adaptent pour couvrir la pandémie. Pages spéciales, cartes interactives, podcasts ou appels aux dons, La Revue des médias, revient sur le travail de cinq grands journaux occidentaux. De la Frankfurter Allgemeine Zeitung à El País en passant par le Guardian, Il Sole 24 Ore et le New York Times.

Temps de lecture : 14 min

Depuis plusieurs semaines, couvrir la pandémie de Covid-19 est la préoccupation centrale d’une majorité de médias à travers le monde. Par plusieurs aspects, cette période est exceptionnelle pour eux qui n’avaient encore jamais relevé un tel défi : produire un nombre de contenus inédits consacrés au même sujet, tenir cette couverture sur la durée et répondre à la consommation effrénée d’information de la part de la population. Alors que le Covid-19 domine l’actualité et fait grimper les audiences en ligne des médias, certains d’entre eux ont décidé de déployer un dispositif d’information hors du commun pour être à la hauteur de l’enjeu journalistique. La Revue des médias s’est penchée sur le travail de cinq grands quotidiens : El País, la Frankfurter Allgemeine Zeitung, le Guardian, Il Sole 24 Ore et le New York Times. Contenus en accès libre, cartes, infographies, foire aux questions, newsletters… Voici quelques-uns des formats conçus pour délivrer une information solide, accessible, adaptée aux besoins.

El País (Espagne) réorganise considérablement son site autour de la crise

Premier quotidien généraliste espagnol, El País, a adapté son site web à la couverture de la crise. Dès la page d’accueil, un large encadré rouge vif, « La crise du coronavirus », attire inévitablement le regard. Cinq icônes représentent les formats mis en avant : chiffres à jour, graphiques sur l’évolution de la pandémie, un « guide basique », un podcast explicatif, et la newsletter dédiée. Juste en dessous, dispositif inédit, on trouve un décompte à jour, pour l’Espagne et le monde entier, du nombre de cas confirmés, décès et guérisons.

La page d'accueil du site El País met en avant ses principaux formats pour traiter du Covid-19, ainsi qu’un aperçu statistique à jour.
La page d'accueil du site d'El País met en avant ses principaux formats pour traiter du Covid-19, ainsi qu’un aperçu statistique à jour. Capture d'écran.

Ici aussi, la couverture de la pandémie occupe une rubrique à part entière, rattachée à une plus large, « Société ». Spécificité graphique par rapport aux autres rubriques du journal : la place occupée, en haut de page, par un grand visuel dédié : une image du virus, sur fond rouge vif.

La page annexe, créée pour l'occasion, intègre de nombreuses rubriques : « Données », « Graphiques », « Questions-Réponses » ou encore « Podcast ». « Dernière heure », permet d’accéder en un clic aux informations les plus récentes. 
La page spéciale, créée pour l'occasion, intègre de nombreuses rubriques : « Données », « Graphiques », « Questions-Réponses » ou encore « Podcast ». « Dernière heure », permet d’accéder en un clic aux informations les plus récentes. Capture d'écran.

« L’information nous imposait cette réorganisation. Le Covid-19 domine l’actualité en Espagne et dans le reste du monde », a expliqué à La Revue des médias Jan Martínez Ahrens, directeur adjoint de la rédaction du País.

Sur le site, on trouve notamment des cartes d’Espagne, d’Europe, du continent américain et du monde affichent les zones les plus affectées, avec le nombre de cas confirmés, de décès et de guérisons. Chaque pays ou région est cliquable pour obtenir plus d’informations, et un curseur permet de remonter dans le temps et d’observer la propagation de l’épidémie de Covid-19 sur la planète depuis la fin janvier 2020.

Une carte du monde permet d'avoir un aperçu global de la situation. Un curseur permet de remonter le temps pour observer les évolutions.
Une carte du monde offre un aperçu global de la situation. Un curseur permet de remonter le temps pour observer les évolutions. Capture d’écran.

En outre, de nombreuses courbes renseignent sur l’expansion du virus et sa létalité ou la variation quotidienne des cas confirmés, tandis que des graphiques indiquent l’utilisation des tests dans le monde, les identités (âges et sexes) des cas confirmés et des décès, ou encore le nombre de personnes à avoir été en réanimation en Espagne. Plusieurs tableaux listent les pays les plus touchés en valeur absolue et relative de la population totale, offrant une information complète et à jour. « La rédaction est continuellement connectée aux données officielles », précise Jan Martínez Ahrens.

Riche en infographies, le « guide basique » se veut très pratique et présente les gestes barrières et principaux symptômes, ainsi que précautions à prendre lorsque l’on vit avec une personne infectée, ou encore la durée de résistance du virus sur les différentes surfaces. Une liste des numéros à contacter en cas de problème selon son lieu de domicile est aussi indiquée.

Les lecteurs et lectrices du quotidien peuvent poser des questions — plus de cent l’ont déjà été —, comme : « Le virus peut-il devenir plus résistant ou dangereux ? », « Dois-je laver mon téléphone ? », ou « Mon animal de compagnie peut-il me transmettre le virus ? ». Les réponses vont rapidement à l’essentiel et sont apportées par des médecins et spécialistes de santé après un travail d’édition de la part du journal. Chacune est complétée par un lien renvoyant vers un article où la réponse est davantage détaillée.

Enfin, El País diffuse quotidiennement un podcast spécialement créé pour couvrir la pandémie : « Chronique d’un virus ». Différents thèmes sont abordés dans des épisodes de 8 à 12 minutes, allant de la recherche pour la fabrication d’un médicament, à des reportages sur le personnel soignant. Le journal publiait déjà des podcasts hebdomadaires mais n’avait jusqu’ici diffusé des épisodes quotidiens qu’à l’occasion de périodes électorales. De nouveaux formats devraient prochainement voir le jour : « Nous essayons de produire de nouvelles choses comme des vidéos enrichies. Nous espérons pouvoir les partager bientôt », promet Jan Martínez Ahrens.

Une carte du monde permet d'avoir un aperçu global de la situation. Un curseur permet de remonter le temps pour observer les évolutions.
Cette infographie aide les lecteurs et lectrices à se poser les bonnes questions face à une crainte de contamination. Capture d'écran.

Malgré l’arrêt temporaire de son édition papier, le journal a décidé à titre exceptionnel la gratuité de son site, « un sacrifice économique mais notre devoir est celui d’informer », soutient le directeur adjoint de la rédaction.

Frankfurter Allgemeine Zeitung (Allemagne) : rubrique dédiée, live, data, FAQ et newsletter

Outre-Rhin, la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), fondée en 1949, est l’un des principaux quotidiens. Dès le début de la crise sanitaire provoquée par le nouveau coronavirus (SARS Cov-2), la FAZ adapté son site web pour traiter au mieux cette actualité, tout en organisant le travail des rédactions à distance (90 % du personnel travaille de chez soi). Une place importante est ainsi dédiée, dans la partie supérieure de sa page d’accueil (homepage), à l’épidémie de Covid-19 et à la propagation du virus. Les rares articles sans liens avec la pandémie sont, eux, relégués dans la partie inférieure.

En parallèle, le site de la FAZ a mis en place une « page spéciale » (« Sonderseite ») entièrement dédiée au virus, au sein de la l’onglet « Santé » de la rubrique « Société ». Cette page est mise en avant sur la page d’accueil du journal, à côté du titre du journal et symbolisée par une représentation du virus SARS-CoV-2, à côté du titre du journal. Ce « Sonderseite » réunit aussi bien des articles directement liés au coronavirus, et d’autres qui le sont un peu moins, ou de manière plus inattendue : on a pu par exemple y retrouver les astuces pour s’entraîner du joueur de football Cristiano Ronaldo. De nombreux articles sont accessibles gratuitement, mais pas tous. À ce niveau-là, la politique du quotidien est restée inchangée. Cependant le journal allemand a décidé d’offrir l’accès au contenu premium au tarif spécial d’un euro par semaine, contre 2,95 euro par semaine auparavant. Contacté, le service de communication du journal a précisé que cette offre serait temporaire.

Page d'accueil du FAZ Corona Virus
La page d'accueil du site de la FAZ, avec la mise en avant de la rubrique spécifiquement dédiée au Covid-19 en haut à gauche. Capture d'écran.

La Frankfurter Allgemeine Zeitung a également mis en place un live très poussé dédié au coronavirus, animé par plusieurs journalistes. Une FAQ a aussi été créé sous le titre « questions/réponses » et répond à des questions générales sur, par exemple, les choses à faire en cas de contamination.

Depuis la fin du mois de mars, le journal a, lui aussi, monté une newsletter spécialement consacrée au coronavirus. Très mise en avant sur le site, elle est gratuite et quotidienne, et compte aujourd’hui quelque 27 000 abonnés.

Des cartes ainsi que des statistiques sont aussi régulièrement actualisées sur l’article/rubrique « Die Pandemie im Überblick » (vue globale de l’épidémie). Souvent mises en avant en bas des articles, ces cartes n’occupent généralement pas une place aussi haute que sur les autres médias étudiés ici. Une carte se démarque : celle représentant les cas d’infections par arrondissement (Landkreis, comparable à la circonscription ou au district français), qui donne une vue assez fine de la situation sur l’ensemble du territoire allemand.

Le podcast F.A.Z. Wissen, dédié à la vulgarisation scientifique et dont le premier épisode a été mis en ligne le 12 mars, s’est aussi intéressé au coronavirus à plusieurs reprises. L’une des émissions s’est ainsi notamment penchée sur la solidité des modèles mathématiques à l’heure où ceux-ci sont cruciaux pour essayer de prévoir le déroulement futur de l’épidémie.

The Guardian (Royaume-Uni) : explications simples et podcast dédié

De l’autre côté de la Manche, comme dans le reste du monde, le coronavirus est aussi le principal sujet d’actualité. Il occupe notamment près de 20 % de la page principale du Guardian. Les quatre éditions (étatsunienne, britannique, australienne et internationale) sont sensiblement construites de la même manière. Tout d’abord, un live retraçant les dernières actualités les plus importantes sur l’épidémie (chaque édition à un fil d’actualité séparé, géré par des journalistes différents) occupe l’essentiel de l’espace immédiatement visible sur la page d’accueil. Trois séries de trois titres et articles sont également mis en avant dans le voisinage proche du live, aussi bien verticalement qu’horizontalement.

Page d'accueil du Guardian Coronavirus
La page d'accueil du site du Guardian met en avant son live ainsi que ses principaux titres traitant du Covid-19. Capture d'écran.

En dessous se trouve une rubrique « Coronavirus explained » (le coronavirus expliqué) avec des contenus de vulgarisation qui donnent des éléments d’explications concis et très clairs sur la situation actuelle et son évolution.

Guardian coronavirus explained
Les rubriques « Coronavirus explained » et « Coronavirus around the world » telles que vues sur la page d'accueil du Guardian. Capture d'écran. 

Les éditions nationales du site du Guardian comportent chacune un encart dédié à l’actualité du pays concerné (Coronavirus UK, Coronavirus US, Coronavirus Australia) et les défis auquel celui-ci doit faire face dans ce contexte de crise. L’ensemble des éditions incluent également une section « Coronavirus around the world », pouvant parfois comprendre un encart live, porté sur l’étranger.

Dans un premier temps, une série d’articles regroupés au sein de la série « Coronavirus 100 days that changed the world » était affichée sur la page d’accueil du site. L’article éponyme raconte l’expansion de l’épidémie du premier janvier jusqu’au mercredi 8 avril, tandis que les autres articles qui l’accompagnaient posaient de nombreuses questions sur différentes implications possibles de cette épidémie (crise climatique, économie), ou sur certains facteurs ayant facilité la transmission du virus, comme les rassemblements physiques.

Page récapitulant les différentes éditions de la newsletter « Coronavirus the week explained ». Capture.

Un peu plus bas sur la page d’accueil des éditions internationale et britannique se trouvent quelques articles regroupés sous le carton « Guardian Community » : articles à la fois drôles et qui amènent à réfléchir, mais aussi appels à témoins, ou encore recommandations culturelles. Sur toutes les éditions (sauf l’australienne au moment de l’écriture de cet article), on retrouve un espace de promotion de la newsletter spécifiquement consacrée à l’épidémie. Intitulée « Coronavirus: the week explained », elle est publiée chaque vendredi et récapitule les actualités liées au coronavirus de la semaine écoulée. Ensuite, et cette fois-ci sur toutes les éditions, un lien renvoie vers une page unique présentant l’ensemble de la couverture du sujet par le journal, dont les directs (« lives ») des différentes éditions. Puis encore un peu plus bas, on retrouve une organisation un peu plus habituelle de la page d’accueil avec les headlines.

Au-delà de la Une, quelques formats s’attardent aussi plus spécifiquement à l’épidémie, notamment les « explainers » qui portent sur des questions très basiques mais d’une importance cruciale dans le contexte actuel. La série « Hope in a time of crisis » s’emploie à donner des nouvelles positives durant cette période étrange et angoissante à bien des égards, ce que l’on pourrait assimiler à une pratique de journalisme de solutions. Le quotidien britannique a également choisi de dédier exclusivement son podcast « Science Weekly » au traitement de l’épidémie. Son rythme de parution a été intensifié, passant d’hebdomadaire à bihebdomadaire. Le quotidien a lancé une autre newsletter à l'occasion de du confinement, nommée « Staying in », qui recommande chaque semaine podcasts, albums et jeux afin de pouvoir s'occuper de la meilleure manière possible chez soi.  

Par ailleurs, si le site reste intégralement gratuit sous sa forme numérique, il a fait le choix de conditionner l’accès de certains contenus sur le coronavirus à la création d’un compte (gratuit) sur le site.

Il Sole 24 Ore (Italie) lance un appel aux dons

L’Italie, premier pays durement touché en Europe, est confinée depuis le 8 mars — certaines régions du Nord l’étaient dès le 1er mars, on dénombrait alors environ 1 700 cas et 34 morts). Le journal d’information économique et financière, Il Sole 24 Ore, est le troisième quotidien du pays après les généralistes Corriere della Sera et La Reppublica.

Dès la page d’accueil, on retrouve, à l’image de ce que fait El País, un encadré « Speciale coronavirus » s’étendant sur la largeur de la page et présentant cinq icônes renvoyant vers les rubriques « Données et cartes », « Le guide du virus », « Focus : Cura Italia », « L’analyse de 24 + »(1) et « Notre podcast ». Les deux premières sont hébergées sur la plateforme « Lab 24 » qui propose des contenus spécialement adaptés au support digital : cartographies, graphiques, et infographies.

Sur la page d'accueil, le bandeau "Spéciale Coronavirus" présentant différents formats d’information.
Sur la page d'accueil, le bandeau "Spéciale Coronavirus" présentant différents formats d’information. Capture d’écran (10/04/2020)

La rubrique « Données et cartes » rappelle d’abord le nombre de cas confirmés, décès et guérisons, ainsi que les variations en pourcentage par rapport à la veille. Une carte du pays indique ensuite les zones les plus touchées. Plus bas, tableaux et graphiques s’enchaînent. Certains, interactifs, permettent d’accéder à une information plus ciblée selon la région ou ville sélectionnée. Il est enfin possible de choisir le mode de représentation : courbe ou histogramme. Roberto Bernabo, directeur adjoint de la publication explique que cette rubrique est la plus consultée du site, avec une « intensification de manière considérable » du trafic entre 18 h, heure de publication des données italiennes officielles, et 19 h.

Ce premier graphique renseigne sur tous les cas recensés en Ligurie (total des cas affectés, décès, guérisons). La lecture du graphique, via une courbe, indique l’évolution dans le temps.
Ce premier graphique renseigne sur tous les cas recensés en Ligurie (total des cas affectés, décès, guérisons). La lecture du graphique, via une courbe, indique l’évolution dans le temps. Capture d’écran.
Ce second graphique renseigne sur les cas affectés (en thérapie intensive, hospitalisés, restant à domicile) pour la région Lombardie. La lecture du graphique se fait jour par jour.
Ce second graphique renseigne sur les cas affectés (en thérapie intensive, hospitalisés, restant à domicile) pour la région Lombardie. La lecture du graphique se fait jour par jour. Capture d’écran.

Largement enrichi de cartes, de graphiques et de tableaux, le « guide du virus », revient sur la provenance du virus, son arrivée en Italie, les différences avec la grippe ou encore les principaux symptômes. La rubrique « Focus : Cura Italia » détaille les mesures et décrets adoptés par le gouvernement pour faire face à la pandémie. Un article listant les numéros utiles, région par région, figure aussi sur la page d’accueil. Si, les premiers jours, le site reprenait la carte du monde de l’université Johns-Hopkins (Baltimore), il a rapidement décidé de réaliser sa propre carte. Grâce aux suggestions de son lectorat (plus de 500 e-mails reçus), celle-ci a été améliorée au fil du temps, en mettant notamment en place un classement des régions et des provinces les plus touchées.

 La carte de l'Italie sur le site du journal Il Sole 24 Ore, au 23 avril.
 La carte de l'Italie sur le site du journal Il Sole 24 Ore, au 23 avril. Capture d'écran.

Depuis le 9 mars, Il Sole 24 Ore diffuse également chaque jour Coronavirus, microscope sur les chiffres, un podcast d’environ trois minutes. Parmi les sujets traités : « Pourquoi les données sur la contagion sont-elles aussi différentes entre les régions ? » ou « Comment lire les chiffres officiels ? ».

Enfin, le groupe 24 Ore se distingue avec l’opération « AiutiAmo », initiée début mars. Chaque semaine, un appel aux dons est lancé au profit d’un hôpital différent via le quotidien Il Sole 24 Ore, la Radio 24 et les réseaux sociaux. « Il est indispensable de produire de l’information, mais nous souhaitions aussi encourager notre lectorat à aider le personnel médical », confie Roberto Bernabo.

The New York Times (États-Unis) : cartes à profusion et propositions personnalisées

De l’autre côté de l’Atlantique, le New York Times a fait le choix de garder une page d’accueil au style proche de l’habituelle. C’est donc dans une maquette standard que sont mis en avant, dès le haut de la page, les premiers articles liés à l’épidémie. Sous les différentes rubriques « World », « U.S. », « Politics », « Business » …etc., quelques contenus sont mis en avant, pas nécessairement en lien avec l’épidémie.

Page d'accueil du nyt
Page d'accueil du New York Times. Capture d'écran.

Les principaux titres sont cependant réservés au coronavirus en ouverture de la page d’accueil. Le live prend une part importante de la Une, et plusieurs articles sont mis en avant. Un encart est réservé pour, au choix, une carte montrant les cas à travers le monde, les cas aux États-Unis, des photos des zones touchées et l’évolution des marchés financiers. Par ailleurs, une équipe du quotidien a développé une mise à jour de la Une permettant de mettre en avant et d’organiser les informations portant sur le coronavirus de façon à s’adapter aux lectures des utilisateurs : ainsi le site se souvient des articles déjà lus par les visiteurs, et fait en sorte de valoriser ceux qui n'ont pas encore été consultés.

Les cartes proposées par le New York Times comportent énormément d’informations et sont actualisées très régulièrement : nombre total de cas ainsi que le taux par habitant, sans oublier le nombre de morts. Tous les pays sont aussi classés avec leur nombre de cas, taux de mortalité, etc. Un graph représente l’ensemble des nouveaux cas recensés chaque jour, des astuces et un lien vers le direct (« live »). Le quotidien a aussi mis librement à disposition l’ensemble des données récoltées par les journalistes concernant des cas de contamination dans chacun des comtés des États-Unis.

carte des etats-unis coronavirus new york times
Carte des États-Unis présentant le nombre de cas de Covid-19 confirmés à travers le pays. Capture d'écran.

Comme la FAZ, le New York Times a lui aussi dédié une page spéciale au coronavirus, composée de contenus gratuits, sur laquelle on trouve les dernières mises à jour de la situation, avec de nombreuses questions, une FAQ, avec des réponses à des interrogations très pratiques (« Comment se faire tester ? », « Comment le coronavirus se transmet-il ? », « Puis-je aller au parc ? », etc). Le journal y promeut également sa newsletter consacrée au coronavirus, ainsi que des ressources additionnelles, comme un ebook gratuit avec des réponses à de nombreuses questions sur le sujet.

Le site met également une grande emphase sur les conseils d’activités pendant le confinement (section « At home »). On y trouve notamment du contenu sur la cuisine, les meilleures manières de gérer la distanciation sociale et l’isolement, des idées d’activités avec les enfants, etc. Dans la rubrique « Smarter living » sont regroupés des articles adoptant des angles qui permettent au lecteur de se questionner sur ses habitudes, ses réflexes dans la vie de tous les jours, mais qui peuvent aussi lui permettre d’adopter de nouveaux comportements à même de l’aider. La newsletter « On Tech with Shira Ovide » s’intéressant particulièrement à l’effet des nouvelles technologies sur nos vies a été lancée le premier avril dernier, alors que l’épidémie avait déjà commencé à sévèrement toucher les États-Unis, et paraît cinq fois par semaine. La newsletter « Watching », qui fournit des recommandations de séries télévisées et de films, paraît désormais trois fois par semaine, soit une fois de plus qu’auparavant.

La colonne dédiée aux articles d’opinion sur la page d’accueil est également occupée par l’épidémie. Les podcasts ne sont pas en reste, avec le Daily, production quotidienne du journal, qui revient régulièrement sur le sujet. Il s’y intéresse de différentes manières, en traitant de certaines régions des États-Unis et du monde, aux décisions prises par les dirigeants locaux et internationaux, mais aborde aussi la vie quotidienne dans le contexte de la pandémie. Le podcast hebdomadaire Together Apart , lancé par la rubrique « Styles » et dont le premier épisode a été publié le 8 avril, s’intéresse à comment rester connecté aux autres tout en restant isolé.

Grâce à un accord passé avec l’opérateur téléphonique Verizon, le New York Times a annoncé le 6 avril que son site internet (ainsi que ses différentes applications) serait gratuit pour les lycéens durant les trois mois à venir. Par ailleurs, le quotidien a relâché son paywall afin que les lecteurs puissent accéder aux informations les plus cruciales concernant l’épidémie de Covid-19.

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L’accès aux articles premium « 24 + » reste soumis à un abonnement durant la pandémie, les autres rubriques demeurent en accès libre.

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