Groupe d'élèves qui prépare le conducteur de leur podcast

© Crédits photo : Sophie and the Frogs

« Imagine que c’est Messi qui a marqué un but ! » : comment des élèves de troisième s’entraînent à parler comme à la radio

Pendant plusieurs mois, la Revue des médias va suivre les activités d’une classe média de troisième dans un collège des Yvelines. Dans ce deuxième épisode, les projets de podcasts se précisent et les élèves s’entraînent à prendre la parole devant un micro.  

Temps de lecture : 3 min

Il est 13 heures et Harold Richer, le professeur documentaliste, se dépêche de ranger sa salle. « Pardon, c’est un peu le bazar », s’excuse-t-il en s’agitant dans tous les sens, romans jeunesse et mangas sous les bras. Cette semaine, les élèves de la classe de troisième média doivent finaliser les conducteurs de leurs podcasts, le document qui permettra de se repérer dans les prises de parole lors de l’enregistrement. « Il ne doit pas y avoir de silence ou d’hésitation », leur explique monsieur Vighier, le prof de français. Tout doit être parfaitement préparé, car il n’y aura pas de phase de montage. Les élèves pourront tester leur texte avec un micro dans une petite pièce attenante, pour voir ce qui fonctionne ou non.

Les groupes n’avancent pas tous au même rythme. Diogo, Adam et Maelya écrivent le leur sur papier, en se répartissant les prises de parole. Ils essaient de répondre à la question « Pourquoi la première guerre mondiale ? » Ayant fait leurs recherches, ils savent ce qu’ils veulent dire, mais pas quelle formule utiliser pour lancer le podcast. Le brainstorming est intense. À côté, un autre groupe travaille sur la représentation de la Première Guerre mondiale au cinéma. Problème : les quatre élèves n’ont pas encore vu les films dont ils comptent parler.

À quelques tables de là, sur un autre poste, un groupe de trois ados réfléchit au travail de mémoire. Les échanges vont bon train. Petit à petit, la conversation dérive sur des considérations déontologiques. « Tu ne peux pas donner de citation sans auteur », explique par exemple Maéva à Anne-Marie. De son côté, Carla, qui aura la charge de la présentation et de la distribution de la parole, ne sait pas si elle doit dire « collègue » ou « camarade » pour les désigner. Le conducteur du groupe, qui s’affiche sur l’écran de l’ordinateur, est extrêmement structuré, avec des parties et des sous-parties. Les trois adolescentes sont à l’aise et assurent ne pas appréhender de parler dans un micro... Et finalement, Carla opte pour « collègue ».

Couleurs et flèches

Entre-temps, monsieur Andriano, créateur de la classe média avec monsieur Vighier, est arrivé dans la salle. Il passe, comme ses deux collègues, auprès des groupes et prodigue ses conseils sur les termes employés, la répartition de la parole et l’angle de leur sujet. « N’hésitez pas à alterner vos voix, conseille monsieur Vighier à toute la classe, comme si vous discutiez ensemble derrière le micro. » « Comme dans “C’est pas Sorcier”… », murmurent quelques élèves.

Dans la petite pièce de répétition, Allison, Sarah, Badr et Louane sont assis, casques sur la tête, micros devant la bouche. Lionel Vighier montre à Allison comment positionner son papier derrière le micro, afin que la prise de son soit optimale. La collégienne butte un peu sur les mots : il y aura quelques ajustements à faire dans le texte, mais son travail de présentation est très efficace. Le plus difficile à appréhender pour les collégiens reste le ton de voix, dynamique, qu’ils doivent adopter.

Dans la salle du CDI, Diogo et ses camarades ont bien avancé. Leur conducteur est maintenant structuré, avec des couleurs et des flèches indiquant les prises de parole de chacun des membres du groupe. Ils se lancent, à leur table, sans micro. C’est fluide… Mais les trois collégiens semblent un peu embêtés : « On est trop rapides », fait remarquer Diogo en se prenant la tête dans les mains. Au même moment, dans la pièce aux micros, monsieur Andriano coache Enzo, qui parle avec ses camarades du rôle des femmes pendant la guerre. Il doit être plus convaincant lorsqu'il évoque la formation de radiologues par Marie Curie. « Imagine que c’est Messi qui a marqué un but ! »

Après presque deux heures de travail, c’est la récréation. La salle se vide. Quelques élèves font un dernier point avec les professeurs. « Ton écriture est poétique mais c’est tout sauf un problème, on peut ajuster la forme de votre podcast pour que ça marche », explique Lionel Vighier à Valentina, qui semble un peu déçue de son travail. La semaine prochaine, il faudra être prêt : tous pourront enfin s’enregistrer.

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