la classe média en train d'enregistrer son émission radio

© Crédits photo : Illustration : Sophie and the Frogs

Les troisième média en direct à la radio, une mécanique bien huilée

Veille des vacances de février : la troisième média se prépare à faire une émission sur sa propre chaîne de radio. La tension est à son comble alors que l’émission doit être diffusée en direct.

Temps de lecture : 3 min

L’ambiance est électrique dans la salle 03, située au rez-de-chaussée du collège Pablo Picasso de Montesson.  Les élèves de la troisième média bougent dans tous les sens. La raison de leur excitation : dans moins de trente minutes, ils vont faire une émission de radio en direct. Pas sur n’importe quel média : le leur... En fait, la plateforme RadioEd’, fournie à l’académie de Versailles par la société Saooti. Le sujet de l’émission : Antigone, de la pièce antique de Sophocle aux adaptations modernes.

Des tables sont disposées au milieu de la pièce de sorte à installer autour quatre à six élèves, le matériel, un régisseur (Corentin l’as de la technique, voir l’épisode du 15 décembre) et Lionel Vighier, professeur de français. Celui-ci a prévenu plus tôt : « Mon seul rôle va être de m’assurer que l’on est bien connectés et que l’on vous entend. » Il n’a pas fallu en dire plus aux élèves : toutes et tous se sont répartis les missions.

Lucie, Tyfenn et Yuna s’activent au tableau. Productrices de l’émission, elles inscrivent toutes sortes d’informations en face du régisseur. La durée de chaque chronique est inscrite avec le nom des intervenants. Tous ont leur micro et place attitrés. Objectif : fluidifier les échanges entre les élèves et simplifier les changements de place.

Pendant ce temps-là, de petits groupes d’élèves se répartissent un peu partout dans la salle. Assis à la table devant leurs micros respectifs, Thomas et Mattéo écrivent leur conducteur. Ils auront le rôle d’introduire chaque chronique et de faire les transitions. Les deux garçons répètent déjà la gestuelle à adopter pour distribuer la parole et se faire comprendre du régisseur. Dans la salle, certains relisent leurs textes et les annotent. D’autres les répètent à haute voix et cherchent le ton qu’ils doivent employer.

D’autres encore discutent du contenu de leur intervention. C’est le cas d’Alex, Colas, Anne-Marie et Émilie, dont la mission est de débattre sur le personnage d’Ismène, sœur d’Antigone. Chacune et chacun évoque ses arguments, les points de désaccord et d’accord. Alex semble tout particulièrement impatiente à l’idée d’engager le débat.  

Micros tout neufs

Plusieurs élèves s’installent autour de la table, devant les micros tout neufs, déballés et installés le matin même. Pendant ce temps-là, Lionel Vighier procède à un premier test sonore. Le professeur de français tapote des boutons sur la table d’enregistrement, neuve elle aussi. Casque sur les oreilles, il écoute les adolescents discuter et procède à quelques réglages. Tout le monde semble satisfait.

Puis vient l’heure fatidique de l’enregistrement. Deux minutes avant le début de l’émission, tous les élèves sont installés, prêts à se lancer. Corentin vérifie que tout est bien réglé sur la table de mixage. Mattéo relit une dernière fois son texte. Monsieur Andriano, le professeur de technologie, passe dernière les élèves assis pour ajuster la hauteur de leur micro. À quelques secondes du top horaire, le silence se fait. Le doigt de Lionel Vighier se lève… avant de s’abaisser. Ça commence. Corentin lance l’enregistrement, le générique de l’émission se fait entendre.

Suivent quinze minutes magiques. La mécanique est bien huilée. Les élèves s’installent à leur place, font leur chronique, lisent des extraits de la pièce de Jean Anouilh, se passent la parole puis laissent leur chaise à une ou un camarade. Tout ça sans bruit parasite ni hésitation. Les adolescents ne bafouillent pas, le ton est dynamique et fluide. On croirait voir des professionnels de la radio. À la fin de l’émission, les visages rayonnent.

La pression retombée, les collégiens, contents d’eux, échangent sur l’expérience. Dans le léger brouhaha, Lionel Vighier peine à se faire entendre. Il a pourtant une annonce à faire : l’émission n’a pas été diffusée correctement, le lien partagé sur les réseaux sociaux menait sur une page chargeant dans le vide. « Mais, renchérit le professeur, tout a été enregistré, et l’émission peut être écoutée dès maintenant [via ce lien, NDLR]. » Un soulagement général se fait sentir, Lionel Vighier demande : « Si on a le temps, est-ce que vous voulez qu’on refasse quelque chose comme ça ? » La réponse ne se fait pas attendre, elle est même unanime : « Oui ! »

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