Festival de Cannes : quelle place pour les cinémas africains ?

Festival de Cannes : quelle place pour les cinémas africains ?

Au Festival de Cannes, le cinéma africain est à la fois marginal et peu représenté, aussi bien dans la compétition qu'au Marché du film. Toutefois, des programmes parallèles tentent de développer sa visibilité. 

Temps de lecture : 11 min

 

Sur les marchés du cinéma mondial, l'Afrique a du mal à trouver sa place : d'une part, du fait de l'absence flagrante d'industries à l'échelle nationale, régionale ou continentale, d'autre part à cause du manque de popularité des cinémas africains sur les écrans mondiaux. Réservés à un cercle fermé de cinéphiles aimant l'Afrique, ces films se retrouvent dans une multitude de festivals dédiés aux cinémas africains sans vraiment parvenir à percer le marché de la distribution mondiale, comme en témoigne le cas du Festival de Cannes. Quelle place détient-il parmi les différents festivals possédant un marché du film ? Quelle place occupent les cinématographies africaines en son sein ? Les récompenses récoltées au cours des 63 éditions ont-elles eu un retentissement effectif sur le box-office ? Quelles autres manifestations du Festival permettent de mettre en marché les films produits sur le continent ?

 

Le marché du cinéma dans les festivals

Créé en 1959, le Marché du film de Cannes s'est très vite imposé comme le rendez-vous annuel des professionnels du cinéma. Cependant, d'autres marchés se sont également démarqués au fil des années : l'American Film Market (AFM) de Los Angeles depuis 1979, le FilmArt d'Hong-Kong depuis 1996 et le European Film Market (EFM) de Berlin depuis 2003.
 

Les marchés du film internationaux – 2010
 


Pour les festivals, les marchés du cinéma constituent un moyen professionnel et financier d'obtenir des films en exclusivité. En effet, les « business festivals » sont l'occasion de présenter des films en avant-première, de profiter de la présence de célébrités et de médias tout en négociant les ventes des films avec les acheteurs présents. Ainsi au fil des années, ces évènements sont devenus une alternative au réseau traditionnel de distribution de films.               


La mobilisation des professionnels autour de ce marché, ajoutée à la présence de célébrités qui réconfortent les sponsors et attirent les médias, permet à des festivals tels que Cannes, Berlin ou Venise, l'accession à un prestige inédit. Être sélectionné en festival permet donc d'être repéré par des vendeurs et des distributeurs et de bénéficier d'une entrée favorable sur le marché. Une position que l'Afrique ne peut s'enorgueillir d'avoir trop occupée. 

Les cinémas africains : une présence marginale en compétition(2)

Jusqu'aux années 1960-1970, le continent africain est majoritairement représenté par des réalisateurs français (27 au total) dans les sélections du Festival de Cannes. En 1952, le Maroc reçoit le Grand Prix du Festival avec le film Othello de l'américain Orson Welles. En ce temps-là, le pays de tournage primait sur la nationalité du réalisateur.

Sur 63 années de compétition, 45 films africains ont été sélectionnés, passant progressivement de courts en longs-métrages. Il y a d'abord l'Égypte, en 1946, avec le long-métrage Dunia du réalisateur Mohamed Karim puis l'Union d'Afrique du Sud (UAS) en 1952 avec le court-métrage Glimpses of South Africa n°5 d'Errol Hind. Sept ans plus tard, la Tunisie entre en scène avec le court-métrage Le Seigneur Julius de Khaled Abdul Wahab suivie, en 1962, du Maroc avec le court-métrage Âmes et rythmes d'Abdelaziz Ramdani. En 1964, le Sénégal apparaît avec le court-métrage Lamb de Paulin Soumanou Vieyra, suivi de l'Algérien Mohamed Lakhdar-Hamina et son long-métrage Le Vent des Aurès en 1967. Vingt ans plus tard, le Mali s'inscrit dans la course avec le long-métrage Yeelen de Souleymane Cissé. Puis c'est au tour du Burkina Faso de présenter Tilaï d'Idrissa Ouédraogo en 1990. L'Afrique lusophone n'est pas en reste puisque la Guinée-Bissau, représentée par le cinéaste Flora Gomes, présente en 1996 Po di sangui. Quatorze ans plus tard, Mahamat-Saleh Haroun et son long-métrage Un Homme qui crie fait entrer le Tchad dans la compétition cannoise.
 

Nombre de films en compétition par pays de 1946 à 2010

 

Ainsi, parmi les 54 pays que compte l'Afrique, 10 seulement ont eu la chance de représenter leur continent dans la compétition du Festival de Cannes, courts et longs-métrages confondus. Parmi eux, l'Afrique du Sud est le pays à avoir eu le plus de films sélectionnés (15), suivi de l'Égypte (13) et de l'Algérie (4).

 
Ces sélections regroupent 32 réalisateurs, parmi lesquels le plus fréquemment sélectionné est l'Égyptien Youssef Chahine (5 fois). Il est suivi à égalité par le Sud-Africain Jamie Uys et l'Algérien Mohamed Lakhdar-Amina (4 fois). Aucune femme africaine n'a encore été sélectionnée en compétition officielle à l'exception de la Sud-Africaine Elaine Proctor qui avait présenté son long-métrage Friends en 1993, l'année même où la Néo-Zélandaise Jane Campion remporta la seule Palme d'or jamais décernée à une femme avec La leçon du piano. Quatorze ans plus tôt, une autre femme africaine, Safi Faye, représentait le Sénégal dans la catégorie « Un certain regard » avec Fad'jal tandis qu'en 1971, l'Angolaise Sarah Maldoror ouvrait la voie en section parallèle avec son film Monan Gambee.

               
Pour tous ces réalisateurs, le label « sélection officielle Festival de Cannes » attire inévitablement distributeurs et vendeurs internationaux. Mais l'attribution d'un prix peut-elle influencer la carrière d'un film ?

Palmarès et box-office : le défi africain

Parler de palmarès revient aussi à parler de compétition, donc de jurys, mais celui du Festival de Cannes n'a intégré, à ce jour, que très peu de professionnels africains.

Jusque dans les années 1950, les membres du jury sont soumis à l'avis du ministère des Affaires étrangères et à celui de l'Industrie et du Commerce qui le valident par un arrêté. Bon nombre d'académiciens et d'écrivains français en font partie. Une situation qui n'empêche pas Youssef Wahdy de représenter l'Égypte en 1946.

 

Jurés africains de la compétition officielle de 1939 à 2010

Sur les 10 pays sélectionnés en compétition, l'Afrique du Sud, la Guinée-Bissau et le Tchad n'ont pas encore eu de représentant membre d'un jury. Pourtant, ce statut permet aux personnes invitées d'attirer l'attention sur leur pays et de défendre leur cinéma. Il est donc étonnant que des États africains possédant un fort potentiel cinématographique n'aient pas encore eu leur mot à dire au Festival de Cannes alors que les festivals de Venise et de Berlin favorisent cette ouverture en invitant des personnalités telles que l'Éthiopien Haile Gérima (Venise, 2009), le Guinéen Mohamed Camara (Venise, 1993) et la Nigériane Peace Anyiam-Fiberesima (Berlin, 2006).

 

Malgré cette faible représentation, cinq réalisateurs africains ont obtenu un prix sur les 63 compétitions officielles du Festival de Cannes. La seule Palme d'or est celle de Chroniques des années de braise de Mohamed Lakhdar-Hamina, treize ans après l'indépendance de l'Algérie. Une consécration totale pour le fondateur de l'Office des actualités algériennes (OAA) qui se ressent aussi à travers le box-office français.

Box-office français des films africains primés à Cannes de 1967 à 2010

Si l'on en croit le nombre d'entrées des différents films cités ci-dessus, la hiérarchie des prix a une réelle influence sur la sortie en salle. Ainsi la Palme d'or Chronique des années de braise de Mohamed Lakhdar-Hamina dépasse largement les trois Prix du jury de 1987, 1990 et 2010. Cependant, les entrées cumulées par Le Destin, prix du 50ème anniversaire du Festival de Cannes décerné au réalisateur égyptien Youssef Chahine pour l'ensemble de son œuvre, sont exemplaires. À défaut d'être primé pour sa technique, son scénario ou sa mise en scène, ce film mobilise 120 000 spectateurs de plus que la Palme d'or de 1975. Un succès considérable qui se traduit à l'échelle européenne par la deuxième place - derrière le film iranien Kandahar de Mohsen Makhmalbaf et ses 1 387 019 entrées - du Top 20 de l'Observatoire audiovisuel européen des films d'Afrique et du Moyen-Orient ayant réalisé les meilleures entrées en Europe entre 1996 et 2004.

Les professionnels africains et le Marché du film de Cannes

Pour les cinéastes qui n'ont pas eu l'opportunité d'être sélectionnés, le Marché du film du Festival de Cannes constitue une solution alternative. En 2010, sur 4 079 sociétés inscrites au Marché du film, 62 sont africaines, les trois-quarts provenant de deux pays : l'Afrique du Sud (26) et l'Égypte (19). Un écart considérable qui s'explique par le fait qu'en Afrique, seuls quelques pays possèdent une industrie nationale effective. L'Égypte détient la plus vieille industrie cinématographique. Le Maroc bénéficie des retombées de nombreux tournages internationaux qu'il accueille. L'Afrique du Sud s'impose quant à elle depuis quelques années comme l'un des marchés les plus prometteurs du continent.

Présence des sociétés africaines sur le Marché du film en 2010

En effet, dans la majorité des pays africains, les réseaux de salles de cinéma anciennement détenus par des filiales occidentales ont périclité, l'offre télévisuelle et satellite s'est agrandie et le piratage des films permet de se procurer des DVD sur le marché avant même qu'ils ne soient distribués. De surcroît, les gouvernements, plus préoccupés par des enjeux sociaux, sanitaires ou humanitaires, n'encouragent pas le développement d'industries cinématographiques nationales.

 

Participation au Marché du film en 2010 (en %) 


La participation au Marché du film du Festival de Cannes 2010 est elle aussi frappante car les professionnels africains accrédités représentent à peine 1 % (116) des 9 829 participants mondiaux. Et si les chiffres de participation de la France, des États-Unis, du Royaume-Uni et du Canada attestent une présence dominante sur la scène internationale, les autres pays doivent se résigner à être représentés par zones géographiques pour exister.

 

Plus précisément, si l'on se penche sur les fonctions qu'occupent les professionnels africains présents sur la Croisette en 2010, on observe que la majorité sont des producteurs (41), des distributeurs (10) et des distributeurs pour la télévision (10). Il est important de noter la présence des délégations nigérianes, kényanes, marocaines, tunisiennes, égyptiennes et sud-africaines, signe d'un effort de mobilisation nationale en faveur du cinéma.


Parmi les grands absents, on notera le puissant distributeur de VàD sud-africain M-Net – qui possède un répertoire de plus de 600 films africains – inscrit au Marché international des contenus audiovisuels de Cannes (MIPCOM) qui réunit chaque année depuis 1984 plus de 4 100 professionnels de la télévision. Ce marché parallèle de l'audiovisuel est en pleine expansion (42 millions de postes de télévision en Afrique) à l'heure où les salles de cinéma ferment les unes après les autres.


Compte-tenu du coût du transport, du logement, de l'accréditation et de la location de salles de projection ou de stands au Festival de Cannes (entre 4 350 € et 6 153 € les neuf premiers mètres carrés), il est compréhensible que, sans aides des gouvernements, les professionnels aient peu l'opportunité de faire le déplacement. Cette situation explique aussi pourquoi seules l'Afrique du Sud – qui a signé en 2010 un accord de coproduction avec le Centre national du cinéma et de l'image animée français (CNC) – et l'Égypte – invitée par le réseau européen Capital Regions for Cinema (CRC) aux 18èmes rencontres de coproduction - aient eu une présence significative.

Hors compétition, d'autres possibilités

Plusieurs possibilités s'offrent aux films ne bénéficiant pas d'une sélection officielle ou d'une présentation en section parallèle pour aller à la rencontre de nouveaux publics, diffuseurs ou producteurs. Parmi elles, la Cinéfondation a pour objectif depuis 1998 d'accompagner la « relève » du cinéma mondial. Elle se décline en trois catégories : la « Sélection », la « Résidence » et « l'Atelier ».

Depuis 1998, la « Sélection » présente des films d'écoles de cinéma intégrés à la Sélection Officielle. Sur la quinzaine de courts-métrages d'école retenus chaque année depuis 1998, deux ont été réalisés par des étudiants africains : Mangwana du Zimbabwéen Emmanuel Kurewa, réalisé dans le cadre de la National Film and Television School de Beaconsfield (Royaume-Uni), 3ème prix de la Cinéfondation 1998 et Doorman du Sud-Africain Etienne Kallos, diplômé du California College of Arts (USA), également sélectionné au festival de Sundance 2007. À l'heure où le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) crée une compétition dédiée aux films des écoles, il est important de noter que jusqu'à maintenant, seuls des africains ayant intégré des écoles occidentales ont bénéficié de la Sélection cannoise.


Néanmoins, la « relève » de la Cinéfondation n'est pas un leurre puisqu'Étienne Kallos a depuis réalisé un court-métrage intitulé Eersgeborene sélectionné aux festivals de Telluride et de Venise en 2009. Quant à Emmanuel Kurewa, il a fait partie, en 2002, de la 4ème résidence de la Cinéfondation pour l'écriture de son long-métrage Curtain Call et a reçu en 2007 le soutien Screen Future de la Scottish Screen Industry pour sa société de production Black Orange.

En 2000, la Cinéfondation crée la « Résidence » qui accueille 12 réalisateurs à l'année - deux sessions de 6 réalisateurs durant quatre mois et demi - pour finaliser l'écriture de leur premier ou deuxième film. Sur 21 éditions, on recense 5 réalisateurs africains : le Nigérian Newton Aduaka (2001), le Zimbabwéen Emmanuel Kurewa (2002), le Franco-Marocain Brahim Fritah (2003), le Sud-Africain Oliver Hermanus (2009) et la Nigériane Chika Anadu (2010).


Certains ont depuis tracé un chemin remarquable, le plus exemplaire étant celui du réalisateur Newton Aduaka. Membre de la 3ème résidence de la Cinéfondation pour son projet de film Waiting for an angel en cours de financement, il a depuis remporté l'Étalon d'Or du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) ainsi que le Prix du meilleur film au Festival de Durban en 2007 pour son long-métrage Ezra. Enlui faisant acquérir une véritable reconnaissance de la part de ses homologues africains, ces prix ont aussi replacé le Nigéria - grand producteur de films vidéo à petit budget – sur le devant de la création cinématographique contemporaine africaine.

Autre spécialité de la Cinéfondation depuis 2005, l' « Atelier » invite une quinzaine de réalisateurs et producteurs durant le Festival pour compléter leurs recherches de financements pour leur projet de long-métrage. Parmi ces 75 invités, 9 étaient africains : les Marocains Nabil Ayouch (2010), Faouzi Bensaïdi (2009), Hicham Falah et Mohamed Chrif Tribak (2007); l'Égyptien Atef Hetata (2009), les Sud-Africains John Barker (2008) et Teboho Mahlatsi (2006), l'Éthiopien Abdi Ismael Jama (2008) ainsi que le Gabonais Imunga Ivanga et le Tchadien Mahamat-Saleh Haroun en 2005.


L' « Atelier » accroît le prestige des projets de films et permet parfois des rencontres décisives, comme en témoigne Guillaume de Seille, producteur français du réalisateur éthiopien Abdi Ismael Jama sélectionné en 2008 : « l’invitation de l’Atelier pour le financement du projet Queleh a certainement été déterminante (nous avions déjà un financement acquis et avons à Cannes finalisé la coproduction canadienne) et surtout le prestige de l’institution a forcément aidé à décider quelques fonds par la suite, en Hollande notamment » .


Sur l'ensemble des projets accueillis, le plus exemplaire est Daratt. Prix Spécial du Jury de la Mostra de Venise et Tanit d'argent des Journées cinématographiques de Carthage en 2006, ce troisième long-métrage a aussi remporté l'Étalon de Bronze, le prix de l'Union européenne et le prix de la Meilleure image au FESPACO 2007. Récompensé en mai dernier par le Jury du Festival de Cannes pour son quatrième long-métrage Un Homme qui crie, Mahamat-Saleh Haroun ne fait que confirmer la crédibilité de la Cinéfondation

Cannes : lieu de convergence des cinémas du monde

Bien que le Festival de Cannes apparaisse comme un laissez-passer prestigieux pour tout projet en développement, les difficultés que connaissent les réalisateurs et producteurs africains pour venir sur la Riviera sont un réel frein. Dans ce contexte, le pavillon des Cinémas du monde - ex-pavillon des Cinémas du Sud – invite une délégation de professionnels du Sud au Marché du film, renforçant ainsi la présence africaine sur la Croisette.

« Cannes : les stars africaines font leur cinéma » (TV5 Monde, 7 mai 2009)

L'Institut Français (ex-CulturesFrance), opérateur délégué des ministères des Affaires étrangères et européennes pour l'action extérieure de la France, a repris son organisation en 2009 en partenariat avec l'Organisation internationale de la francophonie (OIF); ACPFilms (programme européen de soutien aux cinématographies et à l'audiovisuel d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique); ainsi que les médias de l'audiovisuel extérieur français (TV5 Monde, RFI, France 24) et Canal France International (CFI).


Pour un budget global de 500 000 €, le pavillon est à la fois un lieu de rencontres et de conférences – la Fédération panafricaine des cinéastes (FEPACI) et l'OIF y ont annoncé la création d'un Fonds panafricain pour le cinéma en 2010 – et le point de rassemblement de la délégation invitée.


Longtemps conviés en fonction de leur prestige et non de leur actualité, les professionnels africains sont aujourd'hui sélectionnés parmi les auteurs de projets soutenus financièrement par l'un des organisateurs du Pavillon : l'OIF, le ministère des Affaires étrangères français, ACPFilms, le Festival international du film d'Amiens et les Rencontres des cinémas d'Amérique latine de Toulouse.

Deux parrains emblématiques du Nord et du Sud accompagnent cette délégation : Juliette Binoche et Abderrahmane Sissako en 2009, Sandrine Bonnaire et Rithy Panh en 2010. Reconnus par le monde du cinéma, ces invités assurent un retentissement médiatique – plus de 1 000 visiteurs par jour en 2010 - tout en s'investissant fortement dans leur rôle de parrain.

 

Invités du pavillon Cinémas du monde entre 2009 et 2010

Entre 2009 et 2010, sur 34 invitations, 20 ont donc permis à des réalisateurs et producteurs provenant de 12 pays d'Afrique - pour la moitié francophones - de participer au Festival, loin devant les autres cinématographies du Sud. Sur place, l'accompagnement des invités donne accès à des petits déjeuners thématiques (VOD, coproduction) et à des speed-dating avec des producteurs dans le cadre du Producers Network ainsi qu'à la présentation de leurs films au sein du Short Film Corner ou dans les salles de projection du Marché du film. Un programme chargé donc, mais efficace, comme s'en félicite Souad Houssein, responsable cinéma à l'OIF : « C'est un très bon partenariat, utile, pour le professionnalisme et la propulsion des jeunes talents africains vers l'international ». L'édition 2010 est intéressante puisque Sandrine Bonnaire aurait accepté de jouer dans un prochain film d'Elhadj Sani Magori, CFI a acheté les droits du long-métrage From a whisper de Wanuri Kahiu et Rithy Panh a invité Djo Tunda Wa Munga au Cambodge pour développer des relations Sud-Sud.

Données clés du Festival de Cannes

 

  • Date de création : 1939
  • Président : Gilles Jacob
  • Délégué général : Thierry Frémaux
  • Budget : 20 millions d'euros (50/50 financements publics, privés)
  • Chiffre d'affaires : 195 millions d'euros en 2008
  • Nombre de films présentés : 964 longs-métrages et 38 courts-métrages en 2010

Références

Isabelle DANEL, En haut des marches, Les éditions de l'Info, 2007, 96 p.

 

Loredana LATIL, Le Festival de Cannes sur la scène internationale, Nouveau Monde Éditions, 2005, 308 p.
 

Richard PORTON, On Film Festivals, Wallflower, 2009, 188 p.
 

Jean-Louis G. SIBOUN, Frédéric VIDAL, Cannes Memories : Festival International du Film, 1946-1992, Média Planning, 367 p.
 

Paulin Soumanou VIEYRA, Le cinéma africain des origines à 1973, Présence Africaine, 1975, 444 p.

 

Le Film Français n°1283-2301 du 14 mars 1969

Le Film Français n°2334 du 25 janvier 1991

Le Film Français n°2335 du 1er février 1991

Le Film Français n°3029 du 6 février 2004

Le Film Français n°3192/93 du 9 février 2007

Le Film Français n°3245/46 du 1er février 2008

Le Film Français n°3391 du 8 octobre 2010

 

Site officiel du Festival de Cannes

 

Site officiel du Marché du film

 

Box-office français depuis 1945

 

Focus : tendances du marché mondial du film


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Crédit photo : Masha Kuvshinova / Flickr (Le réalisateur tchadien Mahamat-Saleh Haroun au Festival de Cannes en 2010. Son film Un homme qui crie y a reçu le Prix du jury.)

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