Illustration avec une boule de glace, un télé diffusant Arte dans une piscine et un sirop à l'eau

© Crédits photo : La Revue des médias. Illustration : Killian Pelletier.

L’été, Arte « s’affranchit de son image de chaîne sérieuse »

Documentaires, films sous-titrés et sujets sérieux. Voilà des termes qui résument grosso modo la programmation d’Arte. Pourtant, l’été la chaîne se défait de cette image et suit l’esprit de la saison, adoptant un ton plus léger et divertissant, explique Bernd Mütter, directeur des programmes.

Temps de lecture : 3 min

Quel était votre but avec la série « Summer of…» ?

Bernd Mütter : Lorsque nous avons lancé la collection « Summer of » en 2007, le concept était simple : proposer aux téléspectateurs une programmation estivale adaptée à l’esprit de la saison, donc légère, divertissante, et en même temps de qualité. La culture pop, ce phénomène culturel majeur qui s’impose dès les années 1950 et conquiert le monde, incarnait le sujet idéal. Elle offre un champ infini de possibilités, couvrant à la fois la musique, le cinéma et tous les arts liés aux modes de vie, design, mode, etc. D’emblée, nous partions donc sur plusieurs années.

Quelle est l'importance pour une chaîne de télévision comme Arte d'avoir une émission spéciale l'été ?

Bernd Mütter : C’est important pour deux raisons. D’une part, la direction des programmes souhaite depuis la première édition du « Summer of » établir une marque de programmes bien spécifique à Arte, à la fois surprenante et enrichissante. Arte est connue pour être une chaîne sérieuse, il est bon de l’affranchir de cette image et de prouver qu’elle est également capable de proposer des programmes légers. L’été s’y prête particulièrement bien.

« Il est capital que ces programmes dits « légers » aient une réelle valeur ajoutée. »

D’autre part, parce que nous sommes Arte, il est capital que ces programmes dits « légers » aient une réelle valeur ajoutée, et soient donc de très grande qualité — films ou concerts cultes d’icônes de la pop culture.

Comment choisissez-vous le thème principal de la série, les programmes qui seront diffusés, ainsi que l'hôte du créneau ?

Bernd Mütter : Le choix du sujet de l’année est délicat. Nous devons nous assurer qu’il sera suffisamment porteur pour nous permettre de rassembler des programmes forts, si possible inédits ou peu vus jusqu’ici à la télévision. Toutes les équipes d’Arte, françaises et allemandes, sont mobilisées pour choisir le thème de l’année, et trouver ensuite les programmes adéquats. Nous travaillons d’une année sur l’autre, car il s’agit d’un volume de programmes très important, avec 16 soirées à assurer. 

« Depuis sa création, le « Summer of » obtient chaque année des audiences au-dessus de la moyenne de la chaîne. »

Le choix du présentateur ou de la présentatrice est évidemment essentiel : la personne doit pouvoir incarner de façon crédible le sujet de l’année et avoir une réelle légitimité à en parler. Soit parce qu’elle le connait bien, soit parce qu’elle a fait partie de ce mouvement. Citons par exemple Amanda Lear en 2008 pour « Summer of 70’s », Nena en 2009 pour « Summer of 80’s », Philippe Manœuvre en 2012 pour « Summer of Rebels », Iggy Pop en 2016 pour « Summer of Scandals », ou encore Johnny Rotten en 2017 pour « Summer of Fish’n’Chips ».

Comment mesurez-vous le succès d’une édition ?  Cela affecte-t-il vos projets pour l'année suivante ?

Bernd Mütter : Depuis sa création, le « Summer of » obtient chaque année des audiences au-dessus de la moyenne de la chaîne, et rassemble un public au-dessous de la moyenne d’âge de nos téléspectateurs. Cela prouve bien que notre pari est réussi et que ce programme nous ouvre vers un public numériquement plus important et plus diversifié que durant le reste de l’année. Selon les pays, les résultats diffèrent légèrement. En France, la palme d’or revient à « Summer of 70s » en 2008. En Allemagne, c’est « Summer of Lovers », l’édition 2018, qui domine le palmarès.

Cette année, nous sommes confiants que le « Summer of Freedom » sera très bien accueilli par le public. Fort de ce succès, nous innovons maintenant et avons lancé cette année un « Winter of », une collection aux couleurs plus hivernales avec, comme thématiques principales, la science, la découverte, l’histoire et la direction des programmes culture. En 2019, nous avons diffusé Winter of Moon, à l’occasion de l’arrivée de l’Homme sur la Lune en 1969. Permettez-moi de ne pas encore divulguer le sujet de l’édition 2020…

Ne passez pas à côté de nos analyses

Pour ne rien rater de l’analyse des médias par nos experts,
abonnez-vous gratuitement aux alertes La Revue des médias.

Retrouvez-nous sur vos réseaux sociaux favoris

Autres épisodes de la série

L’été, période « périlleuse pour les gouvernants »

Loin d’être à l’arrêt pendant les grandes vacances, la vie politique française suit son cours, mais à un rythme différent. Pour les politiques, la pause estivale n’en a que le nom, explique Yaël Goosz, chef du service politique sur France Inter et coauteur, avec Jérôme Chapuis, d’Étés meurtriers – Les politiques ne prennent jamais de vacances.