Présidentielle 2022 : comment exister médiatiquement lors des fêtes de fin d’année

© Crédits photo : Frederick Florin/AFP ; Justine Babut

Course à l’Élysée : comment exister médiatiquement lors des fêtes de fin d’année

La période de Noël et du Nouvel An est toujours particulière pour les candidats à l'élection présidentielle. L'enjeu : rester visible, sans en faire trop, à  un moment où les électeurs ont la tête ailleurs. Et préparer la rentrée.

 

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Ce n’est pas pendant ces fêtes de fin d’année que vous verrez Valérie Pécresse tout schuss dans la poudreuse. Son équipe avait été marquée, fin 2016, par la soudaine disparition médiatique de François Fillon après sa victoire à la primaire de la droite. Le candidat LR avait alors préféré passer sa fin d’année à la montagne, en famille, coupant tout contact avec l’extérieur. Au contraire, « il était [cette fois-ci] important pour nous de savoir conclure la séquence de la primaire et de bien gérer la victoire », confie un membre de l’entourage de Valérie Pécresse.

La candidate de la droite ne va donc pas disparaître des médias durant les fêtes, puisqu’elle s’est déplacée cette semaine en Arménie pour une visite aux chrétiens d’Orient, avant de se rendre en Corrèze. « Le tout est de trouver le bon équilibre et de faire des choses qui ont du sens. C’est inutile de chercher à saturer les écrans, car les gens écoutent, mais sans vouloir entendre parler uniquement de politique », ajoute ce proche de Valérie Pécresse.

En cette période particulière, son équipe tient également à ne pas créer des événements uniquement dédiés à la campagne, mais plutôt à prolonger des actions déjà menées par le passé. Depuis dix ans, l’actuelle présidente de la région Île-de-France assure une maraude avec le Samu social, ce qu’elle devrait à nouveau faire dans les prochains jours.

Côté médias, cette coupure de fin d’année est autant un problème qu’une opportunité. Comme de nombreux Français, les candidats lèvent un peu le pied : « Nous avons un mal fou à avoir des invités politiques, reconnaît Catherine Nayl, la directrice de l’information de France Inter, davantage que les autres années. Comme s’ils faisaient le plein d’énergie avant la dernière ligne droite de la campagne. » Mais ils peuvent également profiter de ces journées moins denses pour rééquilibrer les temps de parole de chacun. Le patron d’un média d’information en continu évoque ainsi des « retards très compliqués pour certains partis politiques qui pourront tout juste être rattrapés d’ici la fin de l’année ». La faute selon lui à la primaire de la droite et à l’émergence de la candidature d’Éric Zemmour, « qui ont cannibalisé les antennes depuis septembre ». Difficile dans ces circonstances de s’assurer du pluralisme. Le 3 décembre dernier, le Conseil supérieur de l’audiovisuel a ainsi mis en demeure CNews pour avoir relégué certaines interventions du gouvernement et de La France insoumise au milieu de la nuit, pour tenter artificiellement de respecter les équilibres. La chaîne du groupe Canal+ a indiqué à l’AFP qu’elle « respecterait les temps de parole d’ici le 31 décembre ». Elle pourra donc utiliser les deux semaines de trêve des confiseurs pour rentrer dans le rang.

CNews sera peut-être moins tentée de trop exposer Éric Zemmour ces prochains jours, le candidat d’extrême droite ayant décidé de faire des déplacements sans convoquer la presse. Une manière, selon son entourage, d’aller véritablement à la rencontre des Français. Autre raison, pas officielle celle-ci : éviter les manifestations anti-Zemmour comme ce fut le cas à Marseille.

Jean-Luc Mélenchon, lui, compte bien continuer à faire parler de lui, notamment en s’imaginant au pied du sapin. La France insoumise a imaginé une box de Noël baptisée « L’Avenir en cadeau », contenant un bracelet « Génération Mélenchon », un tote bag et bien sûr, un kit militant avec le programme présidentiel du candidat Insoumis. Un « petit côté rigolo » assumé par la communication du mouvement, qui entend compenser la baisse de l’offre côté médias par davantage de présence dans les quartiers populaires, « où les gens partent peu en vacances ». Jean-Luc Mélenchon a en tout cas déjà programmé son grand retour médiatique : il sera le premier invité de la matinale spéciale présidentielle de France Inter le lundi 3 janvier. Un nouveau dispositif, avec l’interview de Léa Salamé et Nicolas Demorand suivie des questions des auditeurs entre 8 h 20 et 9 heures, puis trente minutes de face-à-face avec les éditorialistes de la station.

Reste une inconnue : que fera Christiane Taubira ? Celle qui « envisage d’être candidate » à l’élection présidentielle a montré ce week-end à Saint-Denis (Seine Saint-Denis) qu’elle attirait les foules et les caméras.

Elle a commencé sa semaine par un autre déplacement, cette fois dans un centre hospitalier de Vierzon (Cher).

De son côté, Emmanuel Macron, candidat putatif à sa réélection, lui, n'a vraiment pas disparu des écrans. Trois semaines après sa conférence de presse et deux semaines après sa soirée « bilan » sur TF1 et LCI, il s'adressera de nouveau aux Français, sur quasiment toutes les chaînes, pour les traditionnels vœux du 31 décembre.

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