La tablette Blackberry : pour 2011 ?

La tablette de RIM (Blackberry) sortira début 2011. Elle devra trouver sa place face à des concurrents de plus en plus nombreux.

Temps de lecture : 2 min
Après Apple, Amazon et Samsung, Research In Motion (connu pour ses Blackberry) a présenté le 27 septembre dernier sa tablette multimédia. Prévue pour début 2011, elle aura à se positionner face à des acteurs déjà bien implantés qui diversifient leurs activités pour séduire le plus grand nombre. Mais l’entreprise peut déjà compter sur l’image professionnelle de ses smartphones.

Un déferlement de tablettes

Le temps où l’on se moquait de l’Ipad, réduit à un gros iPhone, semble loin. C’est aujourd’hui l’Iphone qu’on identifie à un petit Ipad. Les critiques furent pourtant émises en avril... Il y a tout juste 7 mois.

Les bons chiffres de vente de l’Ipad (3 millions d’unités à l’heure actuelle) ont d’abord étonné les plus sceptiques. La concurrence faite aux ordinateurs portables a même fini par interpeler les constructeurs et l’ennemi historique, Microsoft.

La question n’est donc plus de savoir s’il faut être sur le marché des tablettes mais comment se démarquer des autres déjà existantes. Car elles commencent à être nombreuses et à avoir du poids, ces machines d’un nouveau genre. En 2012, elles devraient dépasser les ventes d’ordinateurs portables.

Le PlayBook : un outil professionnel

Annoncé le 27 septembre 2010, le PlayBook de RIM s’est quant à lui tout de suite positionné comme un outil professionnel. Alors qu’Apple cherche encore à convaincre les entreprises et souffre d’une image de divertissement, RIM apparaît avec son Blackberry comme une machine de guerre, paramétrable, consciente des besoins du monde professionnel et soucieuse de ses évolutions. Les caractéristiques du PlayBook vont dans ce sens : bonne sécurité, flash supporté, multitâches, ports USB, webcam, tout ce qui manque à l’Ipad a été intégré et ce qui fragilise sa valeur professionnelle, enlevé.

De plus, le PlayBook sera compatible avec BlackBerry Enterprise Server, largement utilisé par les entreprises pour ses synchronisations (messagerie, calendrier, contacts) et ses logiciels de collaboration dont Microsoft exchange. Pour les possesseurs d’un Blackberry, adeptes d’une solution universelle et d’une circularité parfaite entre machines d’une même marque, l’argument est fort.

Contrairement aux futurs tablettes qui tourneront sous Androïd, le PlayBook bénéficiera par ailleurs d’un système d’exploitation maison, taillé sur pièce, adapté à ses caractéristiques techniques et uniques.

Quid des livres numériques ?

C’est manifestement ce qu’il faut comprendre des récentes déclarations d’Amazon, Kobo et Wattpad et peut-être même du nom retenu par RIM (Play-Book). Les trois entreprises mettront leur catalogue à disposition via leurs applications :

  • Kobo intègrera directement BlackBerry Messenger dans son dispositif de lecture. Les fonctionnalités seront avant tout tournées vers la lecture sociale (lire en groupe, partager des extraits de livres) et visent à organiser économiquement les interactions ainsi créées (recommandation à l'utilisateur à partir des lectures de ses amis, achat 1-click). 
  • Wattpad est bien connu des lecteurs d’ebooks. L'application donne accès à des textes d’auteurs inconnus et devrait inscrire RIM dans une stratégie de contournement des éditeurs, déjà observée chez Apple, Google et Amazon, en plaçant l’auteur au centre de la chaîne éditoriale.
  • En intégrant le PlayBook, Amazon poursuit son invasion des supports de lecture et offre à RIM le catalogue le plus large du marché. Si les ereaders dédiés uniquement à la lecture ne convainquent pas un public peu enclin à dépenser si cher pour « seulement » lire, la présence d’un catalogue d’ebooks reste pourtant un élément décisif dans la décision d’achat d’une tablette numérique. Le déploiement rapide d’Amazon sur le PlayBook est donc un élément important pour RIM.

Le PlayBook existe-t-il vraiment ?

Mais l’investissement de ces grands acteurs est-il justifié ? Car une curieuse question a été rapidement posée par la blogosphère : et si la tablette de RIM n’existait pas ? Ses doutes reposent sur la présentation faite de cette dernière, le 27 septembre dernier, à partir d’images de synthèse et de supports artificiels.
 
Tout porte plutôt à croire que le PlayBook est en cours de réalisation. Contrairement à Apple, qui ne présente qu’un produit fini, RIM a choisi une autre voie, intermédiaire, révélatrice des pressions du marché - il faut être sur le segment des tablettes - et d’une tentative pour empêcher l’adoption précoce de l’Ipad par les professionnels, inquiets de ne voir aucune solution à leurs besoins spécifiques. L’attente est aujourd’hui possible : le PlayBook arrive.

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