Goldman et Drucker

Répétition sur le plateau de l'émission « Champs-Élysées » avec Jean-Jacques Goldman et Michel Drucker, le 18 janvier 1986.

© Crédits photo : Marie-France Laval

C’était comment, d’interviewer Jean-Jacques Goldman ?

Il était réputé pour poser des conditions très strictes avant d’accepter de parler à un journaliste. Vingt ans après la retraite du chanteur, on a relu des centaines d’entretiens. Et recueilli les souvenirs de ceux qui les avaient menés.

Temps de lecture : 13 min

Ils ont d’abord cru à une blague. Jean-Jacques Goldman voulait bien leur accorder une interview, mais à condition de ne pas apparaître en Une du journal. Les stars conditionnaient parfois leur parole à l’assurance d’avoir leur photo en couverture, les journalistes s’étaient habitués à ce genre de caprices. Jean-Jacques Goldman, lui, exigeait l’inverse. C’était à prendre ou à laisser. « J’avais tenté de négocier une demi-couv, un quart de couv, une petite photo, se souvient Yves Derai, ancien directeur de Tribune juive. Et puis j’ai dû céder et signer une lettre dans laquelle je m’engageais à ne pas le faire. Ça m’avait fait chier, évidemment ; mais il ne voulait pas qu’on vende sur son nom. »

La pratique était tellement inhabituelle qu’elle faisait bien souvent l’objet d’une question pendant l’entretien. Le chanteur mobilisait alors trois arguments. Le premier confinait à la leçon de journalisme : « Le jour où mon album est sorti, quatre journalistes sont morts en Afghanistan. Je ne veux pas que ma photo remplace la leur. » Ou encore : « Apparaître dans un quotidien avant 53 morts en Algérie, des élections en Pologne ou en Bosnie, ça me paraît obscène. » À chacun sa place, la sienne était dans « les pages spectacles ». Même logique à la télé : s’il acceptait « Champs-Élysées » et « Fréquenstar », il considérait qu’il n’avait rien à faire à « 7 sur 7 » ou au « 20 heures ».

Fax

Son deuxième argument portait sur son rapport aux autres : « Je ne veux pas apostropher les gens, c’est au public de faire la démarche qui consiste à venir à ma rencontre », expliquait l’artiste. Ce refus de « se vendre », profondément ancré en lui, l’a toujours détourné des festivals, préférant ne se produire que devant un public acquis. Il ne voulait pas se retrouver en position de demandeur. Surtout pas avec les journalistes : « Moi, je ne sollicite pas ; on me sollicite. »

Pour que les choses soient bien claires, ses attachées de presse ont très vite eu pour consigne de ne pas envoyer ses disques aux chroniqueurs musicaux. Libre à eux de manifester leur intérêt. Quant aux demandes d’interviews, elles devaient être faites par écrit, puis faxées au chanteur : « Une demande écrite, avec le pourquoi et le comment, je peux la lire moi-même, sans intermédiaire, et décider avec qui je veux ou ne veux pas discuter », avait-il coutume d’expliquer. Ça aussi, c’était inhabituel. Certains journalistes étaient outrés de devoir se fendre d’une « lettre de motivation ». D’autres, redoutant un refus, renonçaient à tenter leur chance, répétant partout que le chanteur à succès ne parlait jamais (ses biographes ont tout de même compté un bon millier d’entretiens).

Son refus d’être en Une avait une troisième raison : il connaissait les conséquences d’une forte médiatisation. « Se raconter dans les pages people ou avoir sa photo à la devanture des kiosques à journaux, ça change la vie et, en ce qui me concerne, je n’y tiens pas », plaidait-il. Il était conscient que ses conditions exaspéraient les rédacteurs en chef, mais l’antagonisme ne pouvait être surmonté qu’à son profit : « Ils ont besoin de vendre… et moi, j’ai besoin d’être tranquille. »

Dès les premiers mois de sa carrière solo (Il suffira d’un signe, son premier single, est sorti en septembre 1981), découvrant le star-système (« un furoncle du sous-développement mental »), le « cirque » du vedettariat et la nécessité de sortir affublé d’une barbe postiche pour avoir la paix, Jean-Jacques Goldman avait identifié son cauchemar : « la vie de chanteur », cette existence hors-sol où « on vous appelle le taxi, on vous invite au resto »« une des plus bêtes du monde », disait-il. Cesser de vivre « des choses réelles et authentiques », craignait-il, aurait immédiatement tari son inspiration. Or sa joie, sa grande joie, résidait dans l’écriture de chansons.

« Je crois que j’aurais pu le zapper »

Sur ce sujet, il était intarissable : les heures passées à composer des mélodies « entre deux tennis, deux Scrabble et deux promenades », puis, quand il en tenait une, l’écriture du texte à partir d’idées notées sur un carnet dont il ne se séparait jamais. Sa satisfaction d’être « un chanteur utilitaire », capable de faire danser les gens. Sa façon d’envisager ses albums comme « une conversation » avec le public. Et, lorsqu’il écrivait pour d’autres interprètes, sa quête de « la chanson qui va sortir des transistors, des télés et qui va aller dans la rue », du tube « qui passe partout, jusque dans les ascenseurs ».

Une fois l’accord obtenu, tout devenait fluide. Jean-Jacques Goldman donnait rendez-vous au siège de sa maison de disque, dans sa cuisine, dans un jardin, dans un studio ou sur un terrain de sport, en terrasse, à l’hôtel ou au pied d’un téléski. Vingt, trente ou quarante ans après, les journalistes conservent un souvenir intact des quelques secondes de trouble inaugural : ce type à l’allure si banale qu’ils voyaient s’approcher, était-ce vraiment Jean-Jacques Goldman ? « Je crois que j’aurais pu le zapper », dit Ariane Dollfus, envoyée par France-Soir. « J’ai failli ne pas le reconnaître alors que je guettais son arrivée », s’amuse Jean-Claude Escaffit, de l’hebdomadaire La Vie.

Fanzine

Parfois, surgissait une surprise de dernière minute. « En débarquant à son club de tennis, je découvre qu’il avait aussi donné rendez-vous à deux lycéens qui réalisaient un fanzine, raconte Gilles Médioni. Moi, j’étais là pour L’Express. Goldman, qui ne faisait pas de hiérarchie entre nos deux titres, a proposé qu’on fasse l’entretien tous ensemble. » Tombé de haut, le journaliste. Voilà des années qu’il interrogeait la star par fax, au sujet des chansons composées pour d’autres interprètes. Sa sixième question était toujours la même : « À quand une interview en tête-à-tête ? » Le running gag avait amusé le chanteur et le grand jour était arrivé. Mais un entretien partagé, vraiment ? Gilles Médioni avait insisté pour opérer seul. (« Ça s’était quand même très bien passé. »)

Tous ceux qui ont interviewé l’artiste témoignent d’une « présence impressionnante ». Ils disent : « Il était vraiment là. » Ils restent marqués par sa disponibilité, sa franchise, une certaine hauteur de vue, sa pointe d’ironie et son éternel sourire en coin. « Face à lui, la condescendance qu’ont parfois les journalistes ne pouvait pas s’exprimer. Il voyait clair dans votre jeu », décrit Bertrand Dicale. (Vanne récurrente du chanteur, diplômé d’une grande école de commerce : « Je n’ai jamais eu de complexes en face d’un journaliste, je savais que j’avais fait plus d’études que lui ! »)

Altitude

Didier Varrod, devenu directeur musical des antennes de Radio France, confie qu’il a « adoré interviewer cet homme » : « Il nous donnait la sensation de faire notre métier en haute altitude. Il nous bousculait dans nos certitudes. » Jean-Luc Cambier, de Télé-Moustique (le Télérama belge), note lui aussi « un degré d’exigence dans le propos qui n’était pas habituel dans le monde de la chanson » : « Quand les choses cessaient d’être légères, Souchon empruntait une voie de garage. Pour Goldman, une interview était une occasion de réfléchir. » L’artiste prenait l’exercice au sérieux, imposant sa dissonance dans cet univers où d’aucuns pratiquaient la promo à la chaîne. Et parce que ce moment devait avoir du sens, il attendait de ses interlocuteurs un investissement comparable.

« Il a changé ma vie »

Jeune journaliste à M6 Nancy, Gaël Legras l’a rencontré le 14 mai 1998, dans sa loge, juste avant un concert de la tournée En passant. Épuisé par une nuit blanche passée à couvrir un incendie (intimidé par l’aura du chanteur, aussi), il avait tenté, en vain, de se défiler. Une panne de micro avait ajouté une couche de stress à son état. Et puis les cinq minutes d’entretien prévues s’étendirent en vingt minutes de conversation. « À un moment, je lui ai demandé comment il faisait, sur scène, pour ne pas considérer le public comme une masse informe mais comme un agrégat d’individus. Son regard s’est mis à clignoter, il m’a expliqué que cette question l’obsédait. » Un mois plus tard, le journaliste a reçu un appel du directeur de la création de Canal +, Nicolas Plisson : « J’ai dîné avec Jean-Jacques Goldman hier soir. Est-ce que vous pouvez venir me voir ? J’ai une émission à vous proposer. » Vingt-cinq ans après, Gaël Legras considère que l’artiste a « percuté [son] existence » et l’a envoyé « sur une autre orbite ». Éperdu de reconnaissance, il dit : « Il a changé ma vie, comme dans la chanson. »

Lénine

« Avec lui, il n’y avait pas de sujet interdit », souligne Sophie Delassein, de L’Obs. Jean-Jacques Goldman ne se dérobait pas. Politiquement, il se définissait comme un homme de gauche, c’est-à-dire « quelqu’un qui pense qu’on doit lutter pour l’égalité des chances à la naissance ». Mais « si la gauche, c’est Tapie, et la droite, c’est Séguin, je suis plutôt de droite », ajustait-il. Social-démocrate, « anti-PCF primaire, secondaire et tertiaire », il a toujours refusé de chanter à la Fête de l’Huma. Il se méfiait des mouvements altermondialistes aux « relents de fermeture nationaliste ». Il avait peu de patience pour les abstentionnistes et les gauchistes (« Tous les hommes de gauche détestent les gauchistes »). Sinon, il aimait bien citer Lénine : « La vérité est toujours révolutionnaire. »

Goldman sur la scène des Enfoirés en 2014
Jean-Jacques Goldman sur la scène des Enfoirés en 2014. Photo Patrick Hertzog / AFP 

Il voulait bien parler de ses parents, de son demi-frère Pierre, du judaïsme et des Enfoirés. Il livrait volontiers son totem scout (« Cafra arrogant et décidé ») et la profession qu’il aurait aimé exercer (ethnologue), son mot favori (candeur) et l’événement qui avait changé sa vie (sa première écoute de Think par Aretha Franklin). Il était partant pour rédiger sa bio (« Sujet difficile à saisir. Banalité préoccupante. ») et détailler la déco de sa chambre d’étudiant (une queue de renard porte-bonheur et un poster du groupe Chicago). Il pouvait citer les chanteurs dont il enviait la voix (Chris Rea, Rod Stewart, Lou Gramm) et témoigner de sa passion pour la moto, confier son goût de la solitude et sa fierté de payer beaucoup d’impôts. Mais il était incapable de dater sa dernière gueule de bois (« Cela ne m’est jamais arrivé ») et refusait de dire s’il était de l’école « slip » ou « caleçon ». Il y avait des limites.

« Ça me gonfle »

Après quelques déconvenues, Jean-Jacques Goldman avait ajouté deux conditions supplémentaires à ses interviews : le recours à un enregistreur et une relecture avant publication. « Je ne modifie jamais ce que je dis, mais je refuse qu’ils modifient, eux. Parce que des fois tu dis : “Ça, ça me gonfle…” et ils réécrivent : “Oui, cela m’ennuie” parce qu’ils trouvent que “ça me gonfle”, c’est pas bien. Mais si tu dis “ça me gonfle”, c’est parce que t’as envie de dire “ça me gonfle”. » « Goldman choisissait ses mots, confirme Bertrand Dicale, qui l’a interviewé pour Le Figaro. Il avait d’ailleurs une maîtrise assez étonnante de la langue parlée. Beaucoup d’artistes disent des choses qu’il faut arranger pour que ce soit compréhensible à la lecture. Nougaro, c’était magnifique, mais c’était du volapük, des phrases sans verbe, des digressions infinies… Avec Goldman, on pouvait quasiment publier le verbatim. »

À ses débuts, la virulence des critiques de la « grande presse » — celle qu’il lisait — l’avait un peu étonné. En 1985, il avait mis les rieurs de son côté en publiant, sur des pages de pub achetées dans France-Soir et Libération, un florilège de critiques parues dans les journaux : « rocker mou », « Balavoine quelque peu enrhumé », « BHL de la ritournelle », « excitant pour jeunes gens », « superbe paquet de lessive »… Quant à sa voix, elle était comparée à celle d’un « castrat endimanché » ou aux « piailleries d’une orfraie tétanisée ». Au milieu de ces jugements lapidaires (« Jean-Jacques Goldman est vraiment nul ! »), surnageaient six mots manuscrits adressés au public venu l’applaudir : « Merci d’être venus quand même… »

Pseudonymes

Qu’on le traite comme un phénomène de mode un peu méprisable, l’objet d’une hystérie adolescente, pourquoi pas. La mauvaise foi et la cruauté, passe encore. Jean-Jacques Goldman avait surtout été choqué par la légèreté et les approximations de médias auxquels il accordait un certain crédit, « notamment le mec de l’AFP qui citait trois titres de chansons que je n’ai pas chantées au Zénith ou encore lorsqu’on affirme que dans la salle, il n’y avait que des 12-13 ans. Qu’on me trouve mauvais, je suis d’accord, mais qu’on ne vienne pas sur place constater, ça me paraît grave. » Télérama avait été condamné pour atteinte à l’intimité de la vie privée de la famille Goldman. Le Monde avait écopé d’un droit de réponse cinglant.

Niant toute rancœur, Jean-Jacques Goldman conserverait néanmoins une image franchement médiocre de la presse écrite nationale. « Je suis très lucide sur sa capacité à détecter des chanteurs et à juger des chansons », répétait-il. Avec la presse étrangère, avec les médias locaux, il laisserait tomber la plupart de ses conditions. Mais avec la presse parisienne, la méfiance subsisterait. Il la trouvait insuffisante, lâche, manichéenne. Et immensément paresseuse. Raison pour laquelle il s’est longtemps caché sous des pseudonymes quand il composait pour d’autres interprètes. « Je trouvais dommage que lorsque je faisais une chanson pour Patricia Kaas ou pour Khaled, on ne parle que de cette association. Grâce au pseudo, les médias étaient obligés d’écouter l’album et d’y chercher autre chose. »

Stéphanie de Monaco

En comparaison, il lui semblait que la presse pour les jeunes s’acquittait de sa tâche avec plus de professionnalisme. « Jean-Jacques voyait qu’on connaissait ses chansons et qu’on n’écrivait pas de conneries. Il disait que les titres les plus légers n’étaient pas les moins fiables », rapporte Véronick Dokan, qui l’a rencontré à maintes reprises pour OK !, un magazine pour adolescentes. Avec cette presse-là aussi, le chanteur était moins rigide. Quitte à subir quelques déboires et à téléphoner, en colère, à chaque fois qu’il se sentait trahi. « Une fois, raconte Véronick Dokan, on avait voulu mettre deux artistes en Une : Jean-Jacques et Stéphanie de Monaco. Il disait : “On dirait que je lui gratte le dos !”, le photomontage l’avait horrifié. » Une autre fois, il avait confié, en quelques mots, dans quelles circonstances il avait rencontré sa première femme. En août 1983, OK ! avait monté le sujet à la Une : « J’ai épousé mon amour de vacances… » On ne l’y reprendrait plus.

Avec constance, il rembarrerait quiconque tenterait de s’aventurer dans son intimité (« Je ne demande pas à mon boucher s’il a le sida ou pas, s’il est homosexuel ou non, alors je ne vois pas pourquoi on demanderait ça à un chanteur ! ») Même en privé, disait-il, il n’était pas très loquace sur ces sujets. « Alors en parler à des milliers de gens… » Surtout, il considérait que le public n’avait aucun droit sur lui. Et lorsqu’un journaliste plaidait qu’il y avait « quelque chose de naturel chez le public » à vouloir connaître sa vie, il rétorquait : « Il y a quelque chose de naturel chez le public à vouloir des films porno à la télé à 15 ou 17 heures, quelque chose de naturel à vouloir voir comment on coupe la tête à un enfant... Ça ferait beaucoup d’audience mais c’est interdit. La volonté populaire n’est pas toujours magnifique ni d’un goût absolu. »

Confiance

Que la presse généraliste s’intéresse plus à sa personne qu’à ses chansons constituait à ses yeux un impardonnable fourvoiement. Il voulait qu’on parle de ce qu’il faisait, pas de ce qu’il était. C’est pour ça qu’il aimait tant la radio : on diffusait ses chansons, il les commentait en direct, sans risque de déformation. Quand il était invité sur RTL, « il arrivait trois heures avant, il faisait le tour des bureaux, saluait les gens par leur prénom et prenait le café avec les assistantes », témoigne l’animateur Éric Jean-Jean. C’était sa manière de témoigner sa reconnaissance à la station qui l’avait lancé.

Une fidélité comparable se retrouvait dans ses relations avec les journalistes de la presse musicale. Ceux qui, les premiers, ont décortiqué ses chansons. Didier Varrod, qui le jugeait « aussi important que Léo Ferré », avait mené de longs entretiens avec Jean-Jacques Goldman dans Numéros 1. Fred Hidalgo, qui l’avait « validé » dans Paroles et Musique, le mensuel de référence de la chanson française, quand il traînait encore l’image d’un « chanteur à minettes ». Avec eux, il se sentait en confiance. Avec eux, il acceptait les Unes. En 2005, c’est Fred Hidalgo, désormais animateur de la revue Chorus, que Jean-Jacques Goldman choisit pour livrer une interview testamentaire. « Ses musiciens disaient que Jean-Jacques faisait une pause, se souvient le journaliste. Je l’ai appelé, il m’a proposé de descendre le voir à Marseille, avec ma femme. On a déjeuné tous les trois. On a brassé trente ans de souvenirs. Et il nous a annoncé qu’il s’arrêtait. Et puis, disque après disque, on a retracé toute sa carrière. »

Carottes

Depuis, Jean-Jacques Goldman s’est exprimé quelquefois par écrit. En 2021, il a répondu à un questionnaire de lycéens de Montpellier portant sur l’expérience du confinement. En août 2023, en plein battage médiatique autour de l’essai que lui a consacré l’historien Ivan Jablonka, le retraité de la chanson a envoyé une phrase au Canard enchaîné : « Je suis triste pour tous les gens qui se font duper en achetant ces livres qui parlent de moi. » Mais il a décliné la plupart des sollicitations. « Je lui ai écrit récemment, raconte Sophie Delassein. Pour un livre, j’avais proposé à plein d’artistes un exercice libre sur le thème “Vous avez rendez-vous dans une heure avec Brassens”. Goldman m’avait répondu avec sa franchise habituelle : “J’aimerais beaucoup… mais j’ai la flemme”. »

Sa dernière interview à ce jour demeure donc… une parodie. Blessé par une polémique — de nombreux internautes avaient jugé « réac » une chanson écrite pour le concert 2015 des Enfoirés et certains médias se repaissaient de ce « bad buzz » — Jean-Jacques Goldman avait accepté d’y répondre dans « Le Petit Journal » de Canal +. Cette fois, la condition était particulière : « Il voulait intervenir sur le terrain de l’humour, retracent Éric (Metzger) et Quentin (Margot). On a écrit un sketch en quelques heures, on l’a rejoint à la montagne et quand on l’a lu avec lui, on s’est rendu compte que ce serait encore plus drôle de faire une interview très dramatique. Il était à fond dans l’autodérision alors on l’a tournée. Et puis, après, on a partagé des carottes râpées. »

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