Martin Vidberg

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L’intelligence artificielle, un instrument de puissance pour la Chine

Les médias sont le porte-étendard de l’ambition chinoise en IA : devenir le leader mondial. Une ambition crédible, qui s’appuie sur des structures numériques innovantes, où coopèrent géants privés du Net et pouvoir d’État. L’IA est à ce jour un outil de puissance économique et martiale, et non de soft power.

Temps de lecture : 11 min

La Chine est entrée dans la course à l’intelligence artificielle. Le niveau de ses investissements, la qualité de son écosystème d’innovation et le volontarisme de ses dirigeants rendent crédibles les ambitions du pays à prendre, tôt ou tard, le leadership dans ce domaine. Avec quelles conséquences sur le plan international ? L’an dernier, Vladimir Poutine déclarait que celui qui serait leader en intelligence artificielle deviendrait le maître du monde. En Chine, la sentence du président russe n’est pas passée inaperçue.
 

La victoire d’AlphaGo : un sentiment d’horreur sacrée

Les ambitions chinoises en intelligence artificielle (IA) sont relativement récentes. Alors que le gouvernement américain a commencé à s’intéresser à cet ensemble de techniques dès les années 1950, au moment même où le terme et le champ de recherche sont apparus, les autorités chinoises n’ont véritablement pris la mesure de l’enjeu que très tardivement, lors d’une partie de go assez peu banale. Entre le 9 et le 15 mars 2016, un programme informatique développé par Google Deepmind, répondant au nom d’AlphaGo, affronta l’un des tout meilleurs joueurs de la discipline au monde, le Coréen Lee Sedol. Le match se joua en cinq parties ; le joueur humain n’en gagna qu’une seule.

Dans le domaine de l’intelligence artificielle, le programme AlphaGo n’a rien d’exceptionnel. Son champ d’application est très restreint et le nombre de combinaisons possibles est limité. Mais en Chine, le go n’a rien d’un jeu ordinaire. D’abord, il y est né durant le premier millénaire avant notre ère : c’est un jeu réputé très difficile, qui demande une grande habileté stratégique. Ensuite, c’est un jeu étroitement lié à la tactique militaire : il partage les principes de L’Art de la guerre de Sun Zi, et il s’est imposé, depuis les Han, comme le « le passe-temps de prédilection des généraux et soldats, le loisir familier de la classe militaire et dirigeante ». Plus récemment, après la Seconde Guerre mondiale, le go est devenu un emblème du nationalisme chinois, d’autant qu’il fut dominé pendant des décennies par les Japonais, rivaux historiques. Aussi, la victoire d’un programme informatique, a fortiori d’origine anglo-américaine, dans un jeu d’une telle valeur symbolique, n’a rien d’anodin. Une machine venait d’abattre la superbe intellectuelle, spirituelle de l’homme, dont la maîtrise du jeu de go est l’expression la plus aboutie. Ce fut un choc pour la population et les dirigeants, une rencontre avec le hors-sens, mêlée d’une forme d’horreur sacrée, comparable à ces processions d’automates confectionnés par les jésuites au XVIIe siècle, représentant le Christ, qui inspiraient terreur et ferveur mêlées des fidèles venus les admirer.

 Une machine venait d’abattre la superbe intellectuelle, spirituelle de l’homme, dont la maîtrise du jeu de go est l’expression la plus aboutie. Ce fut un choc pour la population et les dirigeants  

À plus d’un titre, cette confrontation, à la fois fabuleuse et sacrilège, marque la naissance des prétentions chinoises en intelligence artificielle. Brusquement, l’armée commença à organiser des ateliers de travail, des colloques et des séminaires sur le sujet ; Google, symbole post-moderne de l’impérialisme américain, invité à quitter promptement le territoire chinois en 2010, revint immédiatement dans les bonnes grâces du Parti communiste. Toute l’administration se mit en ordre de bataille pour maîtriser ces nouvelles technologies, comme si la grandeur de la Chine éternelle en dépendait.
 

Le rôle moteur des entreprises technologiques

Contrairement à de nombreuses technologies antérieures, l’intelligence artificielle doit ses principales avancées au secteur privé. En Chine, quelques grandes entreprises se démarquent dans ce domaine, connues sous le nom de « BATX » (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi), équivalents chinois de Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft (GAFAM). Avant même que l’IA ne vînt en tête des priorités de l’agenda national chinois, ces entreprises avaient commencé à investir massivement dans ce domaine. En 2013, Baidu, le géant de l’Internet chinois, principalement connu pour son moteur de recherche, inaugurait l’Institut du Deep Learning, un laboratoire de recherche interdisciplinaire conçu pour permettre à l’entreprise de renforcer ses compétences en apprentissage profond, une technique aujourd’hui prééminente dans le champ de l’intelligence artificielle. C’est cette technique qui a ainsi considérablement accru la qualité des logiciels de reconnaissance d’images ou de traitement automatique du langage naturel, technique notamment utilisée pour la traduction automatique, la reconnaissance et la synthèse vocales. L’année suivante, l’entreprise ouvrait un laboratoire d’intelligence artificielle au cœur de la Silicon Valley, en plaçant à sa tête Andrew Ng, expert en deep learning et, jusqu’alors, directeur scientifique du Google Brain Project. Un autre laboratoire du même type fut créé dans la Silicon Valley, en 2017.

 Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi... Avant même que l’IA ne vînt en tête des priorités de l’agenda national chinois, ces entreprises avaient commencé à investir massivement dans ce domaine 

Parmi ces entreprises, Baidu est historiquement la plus dynamique dans le domaine de l’IA. En 2015, alors que l’intelligence artificielle est encore un domaine de développement marginal dans la stratégie gouvernementale chinoise, Robin Li, P-dg de Baidu, participe comme délégué à la Conférence politique consultative du peuple chinois, un organe placé sous la direction du Parti communiste qui est chargé d’émettre des avis à l’administration centrale. Robin Li propose alors la création d’un plan « China Brain ». Il s’agirait, pour l’État, d’investir massivement dans l’IA et ses technologies associées, et de faciliter, par des incitations financières et des allègements réglementaires, le processus d’innovation dans le secteur privé. Passée relativement inaperçue à l’époque, cette proposition du patron de Baidu s’est retrouvée, depuis, au cœur du plan IA mis en œuvre par l’État chinois.

 Tout indique que les BATX ont été étroitement associés à la stratégie nationale dans ce domaine 

Et tout indique que les BATX ont été étroitement associés à la stratégie nationale dans ce domaine.
 

Des entreprises aux ordres du Parti

Après le traumatisme de la victoire d’AlphaGo, l’État et, plus précisément, le Parti communiste chinois ont érigé l’intelligence artificielle en priorité nationale. Le 20 juillet 2017, ce sursaut débouchait sur la publication du « Plan de développement de la prochaine génération d’intelligence artificielle » par le Conseil des affaires de l’État chinois. Les moyens alloués à la réalisation de ce plan sont à la hauteur des ambitions chinoises : 22 milliards de dollars par an pour un budget qui devrait progressivement s’élever à 59 milliards d’ici 2025. Le plan prévoit qu’à l’horizon 2030, la Chine constituera le premier centre d’innovation au monde en IA, avec une industrie dédiée à ces technologies d’une valeur de 150 milliards de dollars. À titre de comparaison, même après de forts ajustements budgétaires, les sommes allouées aux États-Unis par le gouvernement atteignent, en prenant les estimations les plus optimistes, seulement 11 milliards de dollars en 2018. L’Europe, quant à elle, demeure un acteur marginal avec 1,8 milliard d’euros consacrés annuellement à l’IA.

 Le plan prévoit qu’à l’horizon 2030, la Chine constituera le premier centre d’innovation au monde en IA, avec une industrie dédiée à ces technologies d’une valeur de 150 milliards de dollars 

Tous les secteurs jugés essentiels pour renforcer l’influence du pays sur la scène internationale et la puissance de l’État à l’intérieur de ses frontières, sont mobilisés. C’est pourquoi les grandes entreprises technologiques chinoises sont associées de près à ce projet. Pour soutenir le plan, l’État a mis en place une Commission consultative stratégique, rassemblant des universitaires et des experts de l’IA issus des principales firmes et startups chinoises : les BATX, bien sûr, mais aussi iFlytek, spécialisée dans les logiciels de reconnaissance vocale, ou encore SenseTime, entreprise leader en reconnaissance faciale. Baidu a particulièrement été chargée par le gouvernement de développer le secteur des véhicules autonomes, Alibaba Cloud des smart cities (« villes intelligentes »), Tencent de l’imagerie médicale, et iFlytek de la reconnaissance vocale.

À l’inverse du modèle américain de développement de l’IA — fondé sur une stratégie néolibérale de mesures incitatives en direction du secteur privé pour qu’il partage ses innovations avec l’État —, le modèle chinois est bien plus dirigiste. C’est à dessein que Pékin parle d’un programme national de « fusion civilo-militaire » : chaque entreprise est chargée par l’État et, le plus souvent dans les faits, par l’Armée populaire de libération, de concentrer ses investissements en recherche et développement dans les secteurs ciblés par l’agenda étatique. Chacun des acteurs est censé bénéficier de ce système, puisque les innovations dans le domaine de l’IA mènent essentiellement à la production de technologies dites « duales », à double usage, tant public que privé, civil ou militaire. Les technologies mobilisées pour les véhicules autonomes, par exemple, peuvent être aussi bien appliquées à des véhicules commerciaux qu’à des drones militaires. Par conséquent, l’association des firmes technologiques au secteur militaire est un choix judicieux. C’est ainsi que l’entreprise YaTrans, spécialisée dans les logiciels de traduction automatique basée sur le traitement du langage naturel, a mis son système NiuTrans au service du ministère de la Sécurité de l’État, en charge du contre-espionnage.
 

Une politique des données au service de la surveillance

Dans le domaine de l’IA, ce « partenariat public-privé » à la manière chinoise est particulièrement visible dans le domaine de la sécurité. Des entreprises telles que SenseTime, Megvii ou Alibaba mettent au service de la police et du renseignement intérieur leurs technologies pour améliorer la « qualité » de la surveillance de masse.

 Des entreprises telles que SenseTime, Megvii ou Alibaba mettent au service de la police et du renseignement intérieur leurs technologies pour améliorer la « qualité » de la surveillance de masse 

Cependant, avant même l’utilisation de technologies d’IA, ce dispositif de surveillance requiert une collecte et un traitement systématiques des données des 800 millions d’internautes et des 700 millions d’utilisateurs de smartphones chinois. C’est la raison pour laquelle une loi sur les données personnelles et la cybersécurité est entrée en vigueur, en juin 2017, qui impose aux entreprises, étrangères comme nationales, qui traitent les données des internautes chinois, de les stocker sur le territoire. Pour les autorités chinoises, ces données permettent, d’une part, de mieux connaître leur population (informations personnelles, habitudes de consommation, localisation, cercles de sociabilité, opinions politiques, caractéristiques biométriques) et, d’autre part, d’améliorer les performances des algorithmes d’intelligence artificielle, puisque les machines s’entraîneront avec ces données à reconnaître les visages, les voix, les comportements suspects, les zones géographiques criminogènes, etc. Ces machines, pour la plupart, sont la propriété des grandes entreprises technologiques. Public et privé entretiennent ainsi des liens d’étroite interdépendance : l’écosystème numérique chinois tend insensiblement à faire coïncider ses investissements en recherche-développement avec les exigences sécuritaires de l’État qui, en retour, soutient largement l’expansion de ces firmes en mettant à leur disposition de très grandes quantités de données pour améliorer la qualité de leurs machines.

 Public et privé entretiennent ainsi des liens d’étroite interdépendance : l’écosystème numérique chinois tend insensiblement à faire coïncider ses investissements en recherche-développement avec les exigences sécuritaires de l’État qui, en retour, soutient largement l’expansion de ces firmes 

Les données des utilisateurs chinois sont ainsi au cœur d’un système de surveillance, de régulation sociale, voire même de contrôle sociopolitique, nommé « crédit social »  (社会信用体系), que les autorités mettent progressivement en place dans toute la Chine. Le but d’un tel système est d’évaluer, en temps réel, sous forme de note personnelle, le comportement des citoyens. Selon que les données recueillies sur eux signalent qu’ils fument dans un train ou prennent soin de leurs parents âgés, qu’ils critiquent la police ou relaient la propagande gouvernementale, qu’ils utilisent le moteur de recherche de Baidu, respectant les règles de censure chinoises, ou utilisent un VPN (réseau privé virtuel) pour accéder à des plateformes illégales, les individus voient leur note baisser ou s’élever. Or, cette note détermine leur accès à un certain nombre de droits et de services, comme acheter un billet d’avion, répondre à une offre d’emploi ou être admis à l’hôpital. La version d’essai du système de surveillance a été créée par Sesame Credit, l’une des plus grandes plateformes de prêt en Chine, filiale d’Alibaba. Son but est d’évaluer chaque internaute dans cinq domaines : son historique d’emprunteur, son aptitude à tenir ses engagements, ses informations personnelles, ses préférences, son comportement et ses relations sociales. Ces données sont automatiquement collectées par Alibaba dès que l’on fait appel à ses services en lignes (Taobao, Alipay), et transférées directement aux services de l’État, selon le domaine concerné (santé, fiscalité, justice, commerce, etc.).
 

Diffuser pour dissuader : la propagande technologique

La Chine mise sur la maîtrise de l’IA pour asseoir son influence dans les relations internationales. Pour ce faire, elle privilégie la dissuasion, tournée principalement vers les États-Unis, en se livrant à une propagande technologique particulièrement habile, directement héritée des pratiques de la guerre froide.

 La Chine mise sur la maîtrise de l’IA pour asseoir son influence dans les relations internationales 

Tous les pays qui affichent des ambitions militaires déploient une communication ciblée, codifiée qui, d’ordinaire, ne laisse aucune place à l’improvisation. La Chine n’échappe pas à ce schéma. De façon régulière, des informations sont diffusées par voie de presse pour montrer « l’ampleur » des avancées technologiques nationales, et tout particulièrement dans le domaine de l’IA militaire. Au mois de février 2018, un ingénieur chinois s’est confié à la presse à propos d’un projet de mise à jour du système informatique des sous-marins nucléaires, sur lesquels aurait été installé un système d’aide à la décision fondé sur l’intelligence artificielle. Le journal en question, le South China Morning Post, ajoute même que les sous-marins seraient désormais capables d’avoir « leurs propres pensées ». Un tel dispositif aurait sans nul doute l’avantage de réduire la charge de travail et le stress des officiers. Les fonctions dites « cognitives » implémentées sur les sous-marins permettraient, entre autres, d’interpréter et de répondre de façon autonome aux signaux détectés par les sonars, grâce la technique du deep learning. Une information a été de nouveau « révélée » par l’interview d’un deuxième ingénieur chinois, toujours dans The South China Morning Post, en juillet 2018. Cet ingénieur est cette fois-ci le directeur d’un autre programme de développement de drones sous-marins (Projet 912), dont le but est d’assister les sous-marins habités de la marine chinoise dans leurs missions de surveillance, de déminage et même d’attaque contre les navires ennemis.

De telles « informations » n’ont rien d’anodin, d’autant plus qu’elles émanent de scientifiques chinois – le deuxième est même à la tête du programme en question –, en anglais, et dans un journal appartenant à Alibaba depuis 2015. Or, Alibaba est directement impliqué dans le plan de développement chinois en IA, et la ligne éditoriale du South China Morning Post s’est sensiblement rapprochée des positions du Parti communiste chinois depuis le rachat du journal par le géant du e-commerce. De plus, Jack Ma, le P-dg d’Alibaba, a été nommé vice-président (avec les P-dg de Baidu et de Tencent) de la Fédération des sociétés chinoises de l’internet, dont le but est de censurer tout contenu du Net déviant des « valeurs centrales du socialisme ».

 En autorisant ou en poussant ces ingénieurs à s’entretenir avec les reporters du journal hongkongais, l’intention des autorités chinoises est très claire : ils souhaitent que le monde entier connaisse l’état des avancées du pays en IA. Il s’agit tout simplement d’une forme de propagande technologique 

Aussi, en autorisant ou en poussant ces ingénieurs à s’entretenir avec les reporters du journal hongkongais, l’intention des autorités chinoises est très claire : ils souhaitent que le monde entier connaisse l’état des avancées du pays en IA. Il s’agit tout simplement d’une forme de propagande technologique.
 

L’IA, l’arme absolue ?

Une telle « communication » est difficilement vérifiable et elle doit être manipulée avec précaution, mais son principal intérêt est de montrer aux puissances concurrentes de la Chine, et spécialement aux États-Unis, que l’Empire du Milieu est capable de rivaliser avec elles sur le plan technique et militaire, dans un domaine que chacun pense déterminant pour l’avenir de l’ordre international. Ce faisant, la presse sert ici surtout de vecteur modeste de la stratégie de dissuasion chinoise. L’intelligence artificielle est conçue comme un tremplin vers la prépondérance chinoise dans le domaine économique et militaire, où, pour lors, les médias ne jouent qu’un rôle très négligeable.

 L’intelligence artificielle est conçue comme un tremplin vers la prépondérance chinoise dans le domaine économique et militaire, où, pour lors, les médias ne jouent qu’un rôle très négligeable 

D’une certaine manière, un événement tel que la World Artificial Intelligence Conference qui s’est déroulée à Shanghai, en septembre 2018, et à laquelle ont participé tant les autorités chinoises que les représentants des principales entreprises technologiques du monde entier, y compris des GAFAM, est une forme de communication « dissuasive » à l’intention des États-Unis, sinon plus efficace, du moins plus médiatique qu’un article de presse. Après le retour de Google en Chine, en décembre 2017, qui a ouvert un centre de recherche en intelligence artificielle, l’annonce similaire de Microsoft et d’Amazon, lors de cette conférence, vient davantage encore mettre en lumière le poids croissant de la Chine dans le domaine de l’IA. Alors que le pays se trouve plongé depuis des mois dans une violente guerre commerciale avec les États-Unis, ces annonces illustrent cette influence croissante que la Chine exerce sur les acteurs majeurs de l’IA, pourtant historiquement liés à la puissance publique américaine, à laquelle ils doivent pour partie leur réussite fulgurante. La répétition de ce genre d’événements et la communication déployée autour des avancées de la Chine dans le domaine, permet à Pékin de se présenter comme un concurrent sérieux face à Washington.

 À l’instar de la bombe H, l’intelligence artificielle fait figure aujourd’hui, à tort ou à raison, d’arme absolue 

À l’instar de la bombe H, l’intelligence artificielle fait figure aujourd’hui, à tort ou à raison, d’arme absolue. Dévoiler au grand jour sa puissance en IA est l’équivalent des essais nucléaires de naguère : c’est un instrument ostentatoire de puissance et donc un outil de dissuasion. La Chine fait par conséquent le choix de projeter sa puissance hors de ses frontières par la voie du hard power bien plus que du soft power, quoique que sa stratégie de développement en intelligence artificielle, par la pression fantasmatique qu’elle exerce sur ses principaux rivaux, l’impose comme la grande puissance à venir, ne serait-ce que dans l’imaginaire collectif.

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