Adolescents de la classe média, équipés de différents équipements, au moment de tourner leur émission

© Crédits photo : Sophie and the Frogs

Une émission de télévision : le dernier projet de la classe média

Avant de passer leur brevet, les troisième de la classe média se sont lancés un dernier défi : réaliser une émission de télévision. Tournage, montage, production : ils découvrent leurs nouveaux rôles.

Temps de lecture : 3 min

À l’approche de la fin de l’année et du brevet (dans deux semaines), Lionel Vighier, le professeur de français, manque de temps pour terminer le dernier projet média des élèves. Il cale donc des séances là où il y a de la place, comme durant cette pause déjeuner, le 20 mai.

Objectif du groupe : réaliser une émission de télévision de quinze minutes. L’idée vient des adolescents eux-mêmes, même si aucun modèle précis n’est évoqué. Monsieur Vighier  leur a proposé de produire à nouveau une émission radio, mais les collégiens voulaient tenter autre chose. « Ils aiment bien la lumière des projecteurs », ajoute l’enseignant en souriant. Pendant l’heure, les collégiens doivent avancer le plus possible sur leurs sujets. Date butoir de remise de leurs différentes vidéos pour montage : le 1er juin.

Depuis plusieurs semaines, les élèves travaillent dans différents cours sur le conflit opposant l’Ukraine à la Russie. Ils ont évoqué la guerre sous plusieurs angles, dont l’analyse des images des photoreporters sur place et les publications sur les réseaux sociaux. Les troisièmes doivent évoquer tous ces sujets, d’une façon ou d’une autre.

La classe média dispose d’une ressource inédite pour cette production : une enquête qu’ils ont faite, sur la base d’un questionnaire en ligne, auprès de 1100 personnes. Les questions tournent autour de l’usage des réseaux sociaux dans le contexte de la guerre. Le nombre de réponses est satisfaisant, mais ce n’est pas un record. La promotion 2018 de la classe média en avait récolté plus de 2847. Le sujet de l’époque : le travail de mémoire.

Les élèves à peine assis, Lionel Vighier lance une mini conférence de rédaction. Il faut désigner la présentatrice et le présentateur, les meneurs du programme. Après une élection à main levée, Tyfenn et Colas récupèrent le job. Maélia s’occupera de monter les différents rushes. Charge à elle de produire une vidéo fluide et lisible. Les autres élèves doivent se répartir les rôles techniques, et vite. Le temps presse, il faut être le plus efficace possible pendant la petite heure à venir. Le professeur précise ses attentes et le barème selon lequel les élèves seront notés. Chaque partie doit être pertinente, bien préparée sur le fond et réalisée proprement

« J’ai rien… », désespère Mattéo tout bas. Le collégien n’est pas le seul, les élèves semblent tous un peu ailleurs. Ils devraient déjà chacun avoir un sujet, or une bonne moitié de la classe semble n’avoir toujours aucun rôle dans l’émission. Après quelques instants de flottement, la salle est emplie d’une énergie nouvelle. Les adolescents se distribuent de nouveau à travers toute la classe. Et comme par magie, Mattéo est maintenant rejoint par deux compères : Thomas et Gabriel. Chacun s’installe devant un ordinateur. Ensemble, ils vont préparer un reportage sur la guerre de la communication. 

Mais à côté d’eux, un autre groupe (Emmy, Grégoire et Louane) se lance dans un sujet parallèle : la médiatisation du conflit. Les six élèves discutent rapidement et décident de se tenir au courant afin de ne pas se marcher sur les pieds. Un troisième groupe prépare des questions dans le cadre d’un micro-trottoir. « On va analyser les résultats du sondage, explique Cléo, présenter plusieurs enseignements tirés des chiffres à des élèves et leur demander leur avis. » La collégienne et ses acolytes Lucie, Sarah et Anaïs enregistreront les échanges. Les réponses seront montées pour faire un segment concis, avant un retour en studio.

La discussion des quatre collégiennes est perturbée par un élément extérieur au groupe. Colas s’est approché, en silence, selfie-stick en main, un téléphone accroché au bout. Surprises, les adolescentes sursautent. « Super le gros plan sur mon front », proteste Anaïs. Pourquoi un selfie-stick ? Saer et Diogo vont l’utiliser pour tourner le générique. Leur idée : filmer en traveling leur trajet entre la cour de l’établissement et la salle comme si les images avaient été filmées par des drones. Ils récupèrent l’outil et commencent à tourner.

Colas ne fait pas uniquement des blagues à ses camarades. Avec Corentin, le chef de la technique, il essaie de trouver le meilleur angle pour filmer le plateau de l’émission. « C’est un peu plus compliqué que l’audio », admet Corentin. Le matériel à leur disposition ? Un fond vert, installé dans le coin de la salle des professeurs de technologie, des micros-cravates et un iPad pour filmer. Une application permet de convertir l’image en direct : sur l’écran de l’appareil, on voit un plateau incrusté derrière Colas. Pendant ce temps-là, Tyfenn, présentatrice et, de fait, rédactrice en chef et productrice, fait le tour des groupes pour se tenir au courant de leurs sujets. « Il nous faut un conducteur pour savoir qui dit quoi à quel moment », explique l’adolescente, très impliquée. On sent l’ensemble des élèves très assurés, fort de leur expérience acquise tout au long de l’année. 

Entre chaque segment d’information, l’émission de la troisième média contiendra des messages publicitaires, eux aussi tournés par les élèves. L’un d’entre eux vise à faire la promotion de classe et incite les spectatrices et spectateurs à la suivre sur les réseaux sociaux. Une fois le programme monté, les élèves le regarderont, tous ensemble. L’ultime visionnage pour la promotion 2022 de la classe média du collège Pablo Picasso.

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